Cirt@ 2018 : rapport d’étonnement 2/2

Lors du colloque Cirt@ 2018, j’ai participé à un atelier animé par Sophie Callies (dont je vous ai déjà parlé «Faire apprendre avec la vidéo 360° et Google Cardboard»…) de la TÉLUQ et Cédric Félicité de Solutions Brainiac (une jeune compagnie de réalité virtuelle).

Intitulé «Vidéo 360°: un atelier de conception pour des formations immersives», l’activité avait comme but de nous faire découvrir les multiples facettes de la vidéo 360°, tout en nous permettant de manipuler certains équipements de production.

Les animateurs ont d’abord expliqué ce qu’était la vidéo 360° et tout ce qu’elle permettait. À la base, il s’agit d’un enregistrement filmé à partir d’une caméra capable de capter dans presque toutes les directions (sauf sous la caméra elle-même) grâce à plusieurs objectifs. La vidéo 360° peut aussi être créée par ordinateur, produite en 2 ou 3 dimensions, ce qui aura évidemment une incidence sur le niveau de réalisme et d’immersion ressenti lors du visionnement.

Différents styles de vidéo 360° peuvent être réalisées :

  1. la vidéo contemplative donne à voir un environnement, une situation mais laisse l’apprenant dans une position plutôt passive.
  2. la vidéo narrative interpelle directement l’apprenant, lui parle, lui présente une histoire, un jeu d’acteurs.
  3. la vidéo interactive implique l’apprenant, l’oblige à faire des choix qui auront un impact sur le déroulement, scénario avec embranchements multiples, etc.

Les animateurs ont été on ne peut plus clairs: l’intention pédagogique doit toujours guider la démarche. Avant de se lancer dans la production d’une vidéo 360°, il faut bien analyser la situation de formation afin de s’assurer que ce qui doit être démontré ou transmis ne peut l’être autrement. À la suite de l’analyse, si on arrive au constat que la vidéo 360° est la solution la plus adaptée, il faudra encore se demander s’il est préférable d’utiliser une vidéo déjà existante (sur YouTube ou ailleurs) ou s’il faut la produire?

Lorsque l’on considère la vidéo 360° pour des fins de formation, voici quelques éléments à garder en tête :

  • la vidéo doit être être centrée sur l’apprenant ;
  • les objectifs ou cibles de formation doivent être au coeur des actions et des interactions de l’environnement virtuel ;
  • le réalisme de l’environnement doit être suffisamment fort pour engager l’apprenant ;
  • l’environnement doit favoriser l’autonomie et la créativité de l’apprenant ;
  • la vidéo 360° doit faire partie d’un tout et ne peut en aucun cas remplacer une formation complète ;
  • prévoir temps a posteriori pour revenir sur l’expérience avec l’apprenant.

Quand vient le temps de s’équiper

Au niveau institutionnel, comme les technologies évoluent vite, il est important de bien réfléchir et surtout de résister à la tentation d’investir rapidement et massivement. Pour équiper un laboratoire, par exemple, mieux vaut prévoir, selon eux, des sommes annuellement et acquérir sur une plus longue période pour se doter des derniers modèles à chaque fois.

Pour les particuliers qui veulent faire du tournage, les animateurs nous ont fait essayer la caméra Samsung Gear 360 (180-200$). Couplée à une carte SD (45$) et un bon trépied (50$ et+), elle permet du tournage 360° à petit prix.

Pour le montage, un logiciel standard, comme Premiere Pro qui accepte la vidéo 360°, permet de produire des vidéos contemplatives et narratives. Pour les interactions, il faudra ajouter l’application Wonda VR, qui permet de créer des expériences interactives et ce, sans connaître une ligne de code.

Pour la diffusion, impossible de faire abstraction du casque. Dépendant du niveau d’immersion souhaité, il se trouve sur le marché un large éventail de modèles, allant du casque de carton (25$) à utiliser avec un cellulaire, en passant par le casque autonome (250$), jusqu’au casque connecté (500$ et +). Plusieurs compagnies offrent différents modèles, dont Google, OculusHTC Vive.

En conclusion

Bien qu’il y ait encore peu d’études solides sur les impacts de la vidéo 360° en contexte de formation (mais ça viendra, nous rassurent les animateurs), il est d’ores et déjà possible d’affirmer que les caractéristiques mêmes de la vidéo 360° (sentiment de présence, émotion, interaction, etc.), lui confèrent un potentiel immersif qui peut très bien servir de catalyseur pour l’apprentissage.

Sources :

Colloque Cirt@ (Communauté pour l’innovation et la recherche sur les technologies dans l’enseignement/apprentissage), Québec, 10-11 octobre 2018.

Gaulin Francheska, «Faire apprendre avec la vidéo 360° et Google Cardboard», L’Éveilleur, 27 octobre 2017.

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