Jeunes sans média pour un jour: 24 heures de « cold turkey »

Nicolas Grandmangin attire mon attention sur cette étude réalisée à l’Université du Maryland par l’International Center for Media and the Public Agenda à partir d’un travail exigé à 200 étudiants en journalisme.  Ces derniers devaient passer 24 heures sans utiliser de média et ensuite bloguer sur cette expérience.  Les grandes lignes de ce qui ressort de l’enquête:

  1. Les uns et les autres utilisent le vocabulaire de la dépendance et du sevrage pour parler de cette (somme toute) courte expérience de manque.
  2. Sans média, c’est le lien social de ces jeunes avec parents et amis qui disparaît.
  3. Ces jeunes ne sont fidèles à aucune plate-forme médiatique.  En fait, ils se posent peu la question de l’origine des nouvelles et distinguent mal entre l’information personnelle et officielle.
  4.  Les étudiants de 18 à 21 ans sont constamment en train de « texter » (SMS) ou se retrouvent sur Facebook.  Les appels téléphoniques et le courriel viennent bien loin derrière, surtout quant aux relations avec les amis. (Selon le Pew Research Center Internet and American Life Project: 50 % des jeunes envoient 1 500 messages textes par mois, alors que 33 % en envoient 3000 par mois ou 100 par jour)
  5. Ces étudiants pourraient vivre sans la télé ou les journaux, mais pas sans leur iPod.

La recommandation de l’étude aux universités est on ne peut plus claire:

  • For UNIVERSITIES, the takeaway is that students cannot be taught about the role of media in their lives – how to distinguish between fact and fiction, credible and non-credible sources, important and unimportant information – if those who teach them do not have a basic comprehension of how students find, share and experience media.

Dans les conclusions, la section Advantages of unplugging ne manque pas non plus d’intérêt d’un point de vue pédagogique…  Je reproduis intégralement, parce que ça me semble valoir la peine… [Note: Le ton sarcastique n’est pas le mien… mais rend la lecture fort agréable.]

 « Surprise!  Staying focused in class helps me learn more

Students who use laptops in class aren’t only taking notes.  While keeping one ear tuned to the professor, they are simultaneously checking emails, updating Facebook, and chatting with friends via instant messengers.  As the  assignment made both laptops and cell phones off limits in other classes, students said that without the temptation of their computers and cell phones they learned more.

  • I also found that I paid more attention during lecture without the temptation of Facebook.”
  • “I found that I was able to pay more attention in class on Monday, instead of checking my Blackberry constantly to see if I got any messages or emails….[and] not having my computer in class was less distracting since I was not tempted to check my Facebook every second.”
  • “Before I began the 24-hour period with no media, I would have never started to study for a test 3 days before the test. With more time to study though, I ended up easily getting an A on my test, something that I have rarely done since getting to college. I actually went into the test feeling prepared and confident.”
  • “From this experience I have learned that concentrating fully on the task at hand and not a media distraction [leads] to a more positive result.”»

Et la citation qui me trouble le plus…

« There were those students who expressed feeling relaxed, care-free, peaceful and serene, saying they felt mellow, like they were on vacation.

  • « This assignment allowed me to take a step back and reflect. I probably had more ‘thinking time’ that day than any day spent at college.“ »

Sur une note plus personnelle, lorsque j’étais chargé de cours en études des médias à Concordia au milieu des années 1990, j’ai donné à faire un exercice similaire où les étudiants devaient remplir un carnet de bord de leur consommation médatique (media log) pendant une semaine et réfléchir à ce qu’ils observaient.  S’il n’y avait pas de manque et que les étudiants réalisaient l’omniprésence des médias dans leurs vies, je constate que c’est l’intégration de médias au quotidien sur plate-forme mobiles (la messagerie texte, Twitter, Facebook) qui change la donne.

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Commentaires

  1. Les compagnies qui vendent les appareils mobiles et conçoivent les différentes applications web s’en frottent certainement les mains!

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