Quel espace pour l’enseignant dans une classe d’apprentissage actif? (1/3)

Je me suis laissé dire que certains visiteurs du nouvel Espace d’apprentissage actif (A1-108) comprenaient mal pourquoi la place de l’enseignant était située au milieu de la salle, là où il fait toujours dos à certains étudiants.  Dans un premier temps, je suis donc retourné dans certains des articles que nous avions déjà écrits sur le sujet.

Dès 2010, je mentionnais cet aspect particulier de la configuration de telles salles:

« L’enseignant se trouve au centre de la pièce, devant un poste de travail qui lui permet de diffuser différentes informations sur un immense tableau interactif pouvant projeter sur tous les murs de la salle. […]

D’inspiration sociocontructiviste, centrées sur l’expérience d’apprentissage, ces nouvelles classes sont conçues dans le but premier de stimuler l’intérêt des étudiantes et étudiants. La formatrice ou le formateur circule entre des îlots où sont réparties des équipes qui travaillent à résoudre des tâches concrètes. L’enseignant y est alors davantage un guide, un animateur et un facilitateur.

Ces salles permettraient d’emblée une meilleure interaction entre les apprenants et la personne enseignante, en plus de favoriser le travail collaboratif. » (Dubé, 2010; nos emphases)

Dans notre dossier spécial sur la question, en décembre 2016, mon collègue Éric Chamberland expliquait cette organisation:

« Au contraire d’une salle où les étudiants regardent tous le professeur à l’avant de la classe, on parle plutôt d’une salle où les étudiants travaillent ensemble par équipes autour de tables pouvant accueillir de quatre à huit personnes, alors que le professeur circule entre les tables. Dans ces configurations, il n’y a plus vraiment d’avant ou d’arrière de la classe, mais il peut y avoir un centre de la classe.

Le professeur peut avoir un espace dédié au centre, ou près d’un des murs, pour faciliter certaines interventions qui s’adressent à tout le groupe. Mais en règle générale, ces salles se prêtent très mal à l’enseignement magistral, notamment parce qu’on y tourne presque toujours le dos à une partie de la classe. Elles sont justement conçues pour faire apprendre autrement que par la transmission. » (Chamberland, 2016, notre emphase)

C’est notamment le cas avec la salle Lavery de la Faculté de droit, située au A8-121:

« Une console située au centre de la pièce permet à l’enseignant de déterminer ce qui est présenté sur chaque écran. La position centrale de cette console incite le formateur à circuler entre les équipes. […]

…[I]l faut que les enseignants adaptent la façon dont ils approchent les séances de cours en présentiel : ils doivent passer de « l’expert seul détenteur du savoir » au « guide expert », puisque les apprenants deviennent les moteurs de ces périodes. […]  …[L]e contexte actif du travail pratique favorise les échanges directs entre l’étudiant et l’enseignant, par exemple, lorsque ce dernier circule d’une équipe de travail à une autre.

Le plus souvent, on présentera aux étudiantes et étudiants des cas pratiques, des mises en situation ou des activités d’experts (de type jigsaw) en lien avec la matière vue à la maison. Des questions seront posées auxquelles il faudra répondre en équipe… » (Dubé, 2016; nos emphases)

Lors d’une table ronde sur la question tenue le 30 novembre 2016, le professeur Florian Meyer de la Faculté d’éducation avait expliqué que…

  • « Les étudiants ont changé : ils veulent manipuler, transformer les savoirs.
  • Ils réclament autonomie, changement, rythme, créativité et, surtout, de plus en plus, ils ont besoin de sentir que leurs apprentissages sont pertinents, significatifs et en lien avec leurs environnements personnels.
  • Les nouvelles technologies numériques ont joué et continuent de jouer un grand rôle dans l’avènement de ces nouveaux lieux, qui favorisent le connectivisme. […]
  • La salle de classe est devenue dialogique et l’environnement est devenu social, complexe, multidimensionnel.
  • L’apprentissage se fait de plus en plus collectif, réciproque, soutenant, cumulatif, significatif et signifiant. L’ouverture et la flexibilité marquent la planification des interventions pédagogiques afin que l’étudiant puisse faire des choix et avoir un certain contrôle sur sa formation. » (cité dans Morin, 2016, nos emphases)

Sources:

Chamberland, Éric, « Les nouveaux espaces d’apprentissage : tour d’horizon », Perspectives SSF, décembre 2016

Dubé, Jean-Sébastien, « Réinventer la salle de classe », Perspectives SSF, avril 2010

Dubé, Jean-Sébastien, « Ça se passe chez nous: Zoom sur les salles d’apprentissage actif de la Faculté de droit », Perspectives SSF, décembre 2016

Morin, Sonia, « Trois espaces d’apprentissage actif à l’Université de Sherbrooke – compte rendu », Perspectives SSF, décembre 2016

 

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