Point chaud / en émergence Technologique

Comment nomme-t-on le fait de ne pas avoir accès à Internet ou de ne pas savoir l’utiliser?

Je n’ai pas su résister : un nouveau mot : illectronisme.  OK!  Je vous l’accorde, le mot n’est pas très beau et sa sonorité n’est pas mélodieuse, mais s’il traduit ce qu’il est censé nous faire comprendre, c’est-à-dire le fait de désigner ceux qui n’ont pas accès à internet ou ne savent pas l’utiliser, il passera dans l’usage.

Wikipédia.  Oui! Oui!  Wikipédia définit lillectronisme comme un néologisme, traduction de information-illiteracy, qui transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’informatique : il s’agit d’un manque ou d’une absence totale de connaissance des clés nécessaires à l’utilisation et à la création des ressources électroniques. À noter toutefois que cette définition wikipédienne couvre plus la littératie numérique que l’absence d’accès à Internet, que d’autres appellent  fracture numérique.  Force est de constater que nous nageons ici dans un univers en plein développement où le vocabulaire n’est pas encore stabilisé…

Ce nouveau mot a fait l’objet d’une dépêche dans un blogue du Monde par le professeur Claude Garcia, qui a vu ce mot pour la première fois dans le magazine Valeurs mutualistes de la MGEN (Mutuelle générale de l’éducation nationale).   Il nous apprend qu’il y aurait eu un colloque sur l’illectronisme le 25 juillet 2018.  Vérification faite, le 25 juillet, c’était l’annonce du colloque organisé par l’Assemblée nationale française, colloque qui a eu lieu le 27 septembre et qui portait le titre suivant : Lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme : du constat à l’action et dont le descriptif se lisait comme suit.

En France, 8 millions d’adultes sont incapables de trouver une information dans un texte simple.
4,5 millions d’entre eux ne peuvent ni lire ni écrire en français. 8% de la population active n’a aucune compétence numérique et pour plus d’un quart des Français, l’usage des équipements informatiques pose des difficultés.
(NDLR : mon emphase)

Pour répondre aux enjeux économiques et sociaux que révèlent ces constats, la France a engagé une réforme ambitieuse de ses politiques publiques à travers notamment le Plan d’investissement dans les compétences, consacrant un effort sans précédent au développement des compétences clés comme la maitrise du français et la communication numérique. (NDLR : mon emphase)

En s’appuyant sur les témoignages des différents acteurs de ce secteur, Béatrice Piron, Présidente du groupe d’étude illettrisme de l’Assemblée nationale et Thierry Lepaon, Délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale, proposent un débat sur les conditions à réunir pour vaincre l’illettrisme et l’illectronisme.

Vraiment instructif!  À mettre en lien avec la Stratégie numérique du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Gouvernement du Québec.

Source – Garcia, Claude.  Illectronisme, école bienveillante : progrès sémantique ou novlangue?  Profs en examen (un des blogues du Monde). 5 octobre 2018

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À propos de l'auteur

Sonia Morin

Sonia Morin

Sonia Morin est linguiste de formation et se passionne, entre autres choses, pour les études supérieures, la pédagogie universitaire, l’intégrité et les littératies numériques. Elle aime explorer les angles morts et remettre en question les évidences. Elle est convaincue que le 21e siècle sera éthique ou ne sera pas.

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