Les universités québécoises seront plus « dépendantes » des étudiants internationaux pour engranger des revenus

Dans une note publiée le 11 octobre 2018, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) analyse les impacts de la nouvelle Politique québécoise de financement des universités.

En 2019-2020, les frais de scolarité facturés aux étudiants internationaux au Québec seront déréglementés, si bien que chaque institution pourra établir à sa guise les frais de scolarité qu’elle facture aux étudiants étrangers des premier et deuxième cycles. Le gouvernement du Québec permet ainsi aux universités de fixer elles-mêmes le prix de chaque programme. Les sommes ainsi recueillies pourront rester dans les coffres des universités plutôt que d’être versées au gouvernement puis redistribuées dans le réseau. Avec ces changements, l’État se désengage à hauteur de 95 M$ annuellement.

Les auteurs du document prévoient un déséquilibre dans le financement des universités en faveur des universités anglophones, montréalaises et à charte qui jouissent d’ores et déjà d’une bonne réputation internationale, le tout au détriment des universités francophones et de région. L’Université McGill, l’Université Concordia et l’Université de Montréal regroupent à elles seules plus de la moitié de l’effectif international au Québec.

«Le gouvernement québécois consacre par ce biais l’implantation d’un mode néolibéral de gestion des universités québécoises, qui vise à mettre celles-ci en concurrence pour attirer plus d’étudiant·e·s internationaux. »

Selon la simulation réalisée par M. Lesage, les grands gagnants de la déréglementation seront les universités anglophones McGill et Concordia, ainsi que l’Université de Montréal, qui verront leurs subventions de fonctionnement progresser de 16,8 %, 19,2 % et de 11,5 % respectivement en 2020-2023, comparativement à 2016-2017. L’UQAC fermera la marche avec une hausse de seulement 7,15 % (75,8 M$). L’UQAM atteindra le même pourcentage avec une subvention prévue de 321,5 M$.

Les auteurs de la publication terminent sur une note critique :

« […] en désengageant l’État de sa responsabilité de financer équitablement ses services publics, en permettant aux établissements de taxer davantage les étudiant·e·s internationaux et en finançant les efforts de recrutement international fructueux, le gouvernement fait un pas de plus vers l’imposition de politiques néolibérales au sein de l’enseignement postsecondaire. »

Sources :

Samuel-Élie Lesage, Guillaume Hébert, La déréglementation des frais de scolarité : à la conquête du marché des étudiant·e·s internationaux. Note – Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), 11 octobre 2018.

Jessica Nadeau, Droits de scolarité : la déréglementation favorise les universités anglophonesLe Devoir, 11 octobre 2018.

 

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