L’évaluation de l’enseignement par les étudiants ne doit pas servir aux fins de promotion, tranche un arbitre

C’est la décision qui vient d’être rendue par M. William Kaplan dans un grief déposé en 2009 par l’Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario (OCUFA) envers l’Université Ryerson.

D’après cet arbitre ontarien et d’autres intervenants cités dans l’article, les évaluations de l’enseignement par les étudiants offrent un « portrait de l’expérience étudiante » à l’égard du cours et du professeur et peuvent être utiles à cet égard, mais elles ne sont pas statistiquement fiables et comportent souvent des biais méthodologiques.  Bref, elles ne reposent pas sur des données probantes.

À l’inverse, des rapports d’experts déposés lors de cette affaire et « [d]e nombreuses recherches appuient maintenant l’argument contre la valeur des évaluations par les étudiants comme mesure fiable de l’efficacité de l’enseignement, surtout lorsque les résultats servent à établir des tableaux de moyennes et à faire des comparaisons. »  Par ailleurs, l’arbitre mentionne que certaines études démontrent le caractère discriminatoire de ce type d’évaluation et donc posent des questions éthiques en matière de droits de la personne.

« Je crois que, pour veiller à la qualité de l’enseignement ainsi que suivre et évaluer le rendement, l’administration universitaire doit reconnaître avoir besoin d’instruments plus efficaces que les sondages auprès des étudiants, soutient M. [Jeff] Tennant [président du comité de négociation collective de l’établissement et représentant des professeurs au sein du groupe de travail sur les évaluations de l’enseignement par les étudiants de l’OCUFA. Les évaluations par les pairs et les dossiers d’enseignement, par exemple, sont des indicateurs plus fiables que ces derniers. »

[…] Bien sûr, [les universités canadiennes] pourront continuer de sonder les étudiants au sujet de leur expérience, mais elles devront trouver des moyens plus fiables d’évaluer l’enseignement des professeurs.

M. Kaplan [l’arbitre] a finalement appuyé les rapports de l’OCUFA : « Un dossier d’enseignement très exhaustif, tel que la convention collective le prévoit, contenant des renseignements pédagogiques provenant du professeur et d’autres sources devrait suffire à évaluer l’enseignement en tant que processus de recherche, d’expérimentation et de réflexion continu. Avec l’évaluation par les pairs, il permet de dresser le portrait le plus fidèle de l’efficacité de l’enseignement. »

Un rapport consignant les travaux de recherche rassemblés par l’OCUFA dans le cadre de l’affaire Ryerson sera publié en octobre.

Merci à notre collègue Maryse Beaulieu pour le partage de cet article.

Source: Farr, Moira, « Un arbitre tranche sur l’évaluation de l’enseignement par les étudiants », Affaires universitaires, 28 août 2018

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Commentaires

  1. Catherine Vallières a écrit:

    Le point de vue d’Alex Usher sur cette décision, qui rappelle l’intérêt d’aller chercher le point de vue étudiant… à condition que celui-ci soit correctement mesuré: http://higheredstrategy.com/time-to-talk-teaching-assessments/

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