Se filmer et s’évaluer afin de développer ses compétences transversales

Si cet article du eCampus News peut s’apparenter un peu trop à de la vente de solutions technologiques, j’ai été surtout intéressé par les quelques statistiques qui y sont présentées.  Elles visent à mettre en évidence une importante différence de points de vue entre ce que les étudiants perçoivent de leurs soft skills (étude McGraw-Hill, 2018) par rapport à la perception des employeurs (étude Hart Research Associates, 2015)…

  • Aptitudes à la communication orale – Plus de 65 % des étudiants des collèges américains se sentent très confiants d’être prêts à utiliser leurs compétences en communication orale en milieu de travail, alors que moins de 30 % des employeurs sont du même avis.
  • Aptitudes à la réflexion critique – Près de 70 % des étudiants ont confiance en leurs capacités de réflexion critique, alors que seulement 26 % des employeurs voient les choses du même oeil.
  • Compétences en matière de collaboration – Près de 80 % des étudiants croient qu’ils peuvent travailler en équipe avec succès, alors que moins de 40 % des employeurs partagent ce sentiment.

Cependant, de mettre ainsi en rapport des études différentes avec des méthodologies distinctes nous semble problématique.  On peut toutefois penser que ces perceptions peuvent effectivement différer selon qui l’on interroge.

L’article suggère ensuite que des étudiants pourraient bénéficier de l’utilisation de la vidéo numérique pour développer de telles compétences.  L’intérêt serait de permettre à l’enseignant, à un collègue de classe ou à l’étudiant lui-même d’évaluer la performance étudiante à communiquer/réfléchir/collaborer à partir de telles capsules vidéo.  D’après l’auteur, elles permettent:

  1. des exercices expérimentaux,
  2. de la rétroaction personnalisée,
  3. des preuves de l’aptitude à l’emploi,
  4. l’évaluation par les pairs,
  5. l’auto-évaluation.

Il est sans doute exact que l’utilisation de la vidéo numérique un peu à la manière d’un miroir peut constituer un témoin intéressant pour le développement de savoir-êtres.  Sa très grande disponibilité – la plupart des étudiants ont désormais une caméra dans leur poche – en fait un outil de plus dans la panoplie des enseignants.  On peut penser que de telles séquences vidéo peuvent devenir des artéfacts intéressants à intégrer dans un portfolio numérique.

J’y ai enfin appris un nouveau mot: Learnability, soit la facilité à apprendre.  On évoquera l’« apprendrabilité » d’un sujet et d’un concept.

Source: Lewis, Jeff, « How to develop soft skills in the digital age« , eCampus News, 16 juillet 2018

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