Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur: quels impacts pour les universités?

À partir d’une idée et de la recherche de Marc Couture.

Dans la foulée du Plan d’action numérique du Québec (1,3 milliard en 5 ans), « [l]e ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, prépare le terrain pour que le réseau de l’éducation soit prêt à prendre le virage numérique en 2019-2020 ».  Ainsi, « …[le] gouvernement injecte 212 millions de dollars dès cette année pour accroître la place du numérique, de l’école primaire jusqu’à l’université. »  (Porter, 2018) Plus précisément, cela se traduira au primaire et au secondaire par…

  • « des robots adaptés aux différents niveaux, des iPad et des imprimantes 3D, notamment »
  • « la création d’un dossier numérique unifié pour tous les élèves et des fonds pour assurer la formation continue du personnel. »
  • « [l]e gouvernement va notamment payer pour que les professeurs soient libérés lors des Journées numériques, un nouvel événement de formation continue. »
  • « « Il faut poursuivre le maintien, l’entretien et l’acquisition [des tableaux blancs interactifs] qui sont importants et font partie de la réalité de nos enfants » (Sébastien Proulx, ministre de l’éducation du Québec)

« Les cégeps et universités doivent eux aussi recevoir 10 et 20 millions de dollars respectivement, mais les représentants du ministère ont été moins précis sur l’usage qu’on en fera. On mentionne notamment le déploiement d’un « eCampus » regroupant tous les cours offerts à distance dans le réseau. […] Le Plan prévoit également qu’on modifie la formation des futurs professeurs à l’université, mais rien n’est prévu sur ce plan avant l’hiver 2019. » (Porter, 2018)

Sans surprise, les parties d’opposition et certains syndicats s’inquiètent du fait que ce Plan semble précipité à l’approche des élections.  L’éditorialiste Robert Dutrisac du Devoir résume les choses ainsi:

« Mais on ne saurait trouver dans le plan d’action une réflexion un tant soit peu approfondie sur l’école en cette ère du numérique….

[…] Ainsi, on apprend que le ministère n’a pas encore « établi un cadre de référence des compétences numériques transversal à tous les ordres d’enseignement ». En clair, c’est qu’on ne sait trop quelles « compétences » il faut développer chez les élèves, ni quelles compétences les enseignants devront acquérir. Pour cette catégorie d’apprenants que sont les enseignants, le nouveau « référentiel » doit être produit pour l’hiver 2019. […]

…S’il touche un mot de certains problèmes liés au numérique, notamment en matière de protection de la vie privée, le plan occulte le fait que ces outils ubiquitaires peuvent nuire à l’apprentissage en réduisant la capacité de concentration des jeunes, leur goût pour la lecture et leur esprit critique. Ce n’est pas faire preuve de technophobie que d’insister pour qu’on pousse plus loin la réflexion sur l’éducation en cette ère du numérique… » (2018)

Pour lire l’annonce du gouvernement.

Pour lire le rapport complet [format PDF, 85 pages].

Sources: 

Dutrisac, Robert, « L’école techno » (éditorial), Le Devoir, 4 juin 2018

Porter, Isabelle, « Québec incite les écoles à prendre le virage numérique« , Le Devoir, 31 mai 2018

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