Nouvelle étude sur la classe inversée: au-delà de la performance

Mon collègue Marc m’a relayé un article qui titrait en gros caractères «Study finds flipped classroom model does not improve grades in health science course». Il n’en fallait pas plus pour que vacillent certaines de mes croyances quant aux bienfaits de la classe inversée sur l’apprentissage.

Je me suis donc fait un devoir de lire l’article en question, extrait du Campus Technology. Rhea Kelly y résume les grandes lignes d’une recherche menée par la Columbia University’s Mailman School of Public Health et dont les résultats ont fait l’objet d’une publication dans la revue BioMed Central Medical Education.

Dans le cadre de cette étude, 150 étudiants de niveau maîtrise inscrits à un cours d’introduction aux principes d’épidémiologie ont été suivis. De cette cohorte, 72 étudiants ont reçu des cours de façon traditionnelle et 78 étudiants ont été exposés au modèle de classe inversée. Les chercheurs ont procédé par sondages avant/après le cours, questions ouvertes, auto-évaluation, observation en classe. Ils ont analysé les résultats d’examens et les évaluations de fin de cours.

Au terme de leur investigation, lorsque les deux groupes témoins sont comparés, les chercheurs en arrivent à la conclusion qu’il n’y a pas de différence significative au niveau des performances obtenues et des évaluations du cours entre l’enseignement traditionnel et l’approche de classe inversée.

Par ailleurs, l’étude fait mention qu’une majorité d’étudiants ayant suivi le cours en mode inversé (57% contre 27%), voient un apport positif au visionnement de vidéos en dehors de la classe sur la gestion de leur temps, ainsi que sur la capacité des professeurs à clarifier ultérieurement les concepts mal saisis.

Des conclusions qui vont plutôt dans le même sens que bien d’autres résultats d’études menées avant celle-ci. 

J’ai en mémoire le Face et et Pile sur l’apprentissage inversé et cet article paru en 2015 : «Où en est la recherche sur la classe inversée: un aperçu», dans lequel mon collègue Éric avait interrogé nombre de bases de données et revues savantes afin de dresser un portrait de l’état de la recherche sur la classe inversée.

Certains des constats qu’on pouvait déjà tirer étaient :

  • impact positif sur la perception du cours, mais pas nécessairement sur les résultats;
  • effets positifs sur la motivation, l’apprentissage, la gestion du temps;
  • amélioration au niveau du rendement des étudiants les plus faibles.

S’il est clair que la classe inversée a peu d’impacts sur les résultats des étudiants les plus forts, on peut facilement comprendre les conclusions obtenues par l’étude de la Columbia University’s Mailman School of Public Health. Ses étudiants, comme plusieurs de nos étudiants de sciences ou de médecine, se trouvent déjà parmi les plus performants.

Source: Kelly, Rhea, «Study finds flipped classroom model does not improve grades in health science course», Campus Technology, 19 avril 2018.

 

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Commentaires

  1. Bonjour,

    Une recherche effectuée dans le réseau collégial québécois avait pour objectif d’évaluer l’efficacité de la classe inversée sur les résultats scolaires et sur l’intérêt des étudiants.

    Les résultats mettent en lumière l’impact positif de la classe inversée sur la réussite des étudiants, particulièrement chez les étudiants du groupe expérimental les plus faibles qui ont obtenu un résultat final moyen de 10 % plus élevé que celui du groupe contrôle. L’article apporte une explication à ces résultats qui semblent corroborer les résultats de l’analyse de votre collègue Éric Chamberland. Reste que ces résultats sont encourageants !

    Lien vers l’article : http://aqpc.qc.ca/sites/default/files/revue/cormiervoisard-vol.31-3_0.pdf

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