Le problème d’anxiété ne toucherait pas que les étudiants…

Toujours préoccupé par le problème d’anxiété rapporté par de plus en plus d’étudiants (voir ma dépêche de février dernier sur le même sujet), j’ai été interpellé par ce texte d’opinion d’Adam Szetela, un doctorant et chargé de cours en sociologie à l’Université du Wisconsin.

Au fond, il permet de réaliser que les enseignants universitaires sont possiblement des modèles de rôle assez anxiogènes, du moins quant à la performance au travail.  L’auteur affirme être entouré de bourreaux de travail (workaholics).  Si la pression existe effectivement, il arrive qu’on ait de la difficulté à distinguer entre la menace réelle et celle qui est perçue:

,,,In academe, the fear that one is not being productive is also rooted in the real possibilities of disaster that permeate the landscape of the ivory tower. Many, if not most, Ph.D. recipients will never get a tenure-track job. If you get a tenure-track job and are not awarded tenure, it can mark the end of your career. Thus, academics are compelled to « publish or perish. » As a consequence, they feel anxiety when they do not do the things that they could do to secure their professional futures.

[…]

…I knew a graduate student who had 18 articles published, a book under contract, and a degree from an Ivy League institution who worried about not getting a tenure-track job. As a result, she published her way out of all the social relationships and leisure activities she once participated in.

D’après Szetela cette perception du « jamais assez » se transmet jusqu’aux étudiants:

Unsurprisingly, the campus culture of productivity anxiety is not limited to faculty. In my classes, my students are worried about their job prospects after they graduate. Strapped with thousands of dollars of debt, they worry about the grades that will mark their transcripts. They worry about whether their research assistantships will be enough. In many cases, their anxiety is justified. Like the adjuncts who teach them, the job market they face is bleak.

Il propose aux universitaires anxieux de pratiquer la méditation (d’après lui, les services aux étudiants devraient former les étudiants à cette technique) et de maintenir jalousement au moins une activité de loisir pour permettre de relâcher le stress de temps en temps.

Source: Szetela, Adam, « Feeling Anxious? You’re Not the Only One« , The Chronicle of Higher Education, 13 avril 2018

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