Les dix dernières années du monde universitaire international survolées

Afin de souligner son 500e numéro, le University World News a demandé à ses correspondants dans divers pays de mettre l’accent sur le ou les principaux changements ayant touché le monde universitaire dans la région qu’ils couvrent depuis 2008.  Cela donne une perspective internationale très macro grâce à un survol en une douzaine de courts articles.  C’est un coup d’oeil très riche et efficace.  Par exemple…

  • Jane Knight de l’Université de Toronto, qui explique l’importance de distinguer entre la mobilité étudiante et les programmes internationalisés, notant que les récentes entraves à la mobilité étudiante ne signifient en rien la fin de l’internationalisation, comme elle est parfois annoncée.
  • Jane Marshall, correspondante en France, qui présente de manière succinte les différentes réformes du monde universitaire français amorcées sous Sarkozy, poursuivies sous Hollande et qui rencontrent de l’opposition étudiante sous Macron. Ces réformes visaient essentiellement à donner plus de marge de manoeuvre aux institutions, notamment au niveau des budgets, du recrutement et des salaires, autrefois strictement contrôlés par l’État.
  • Yojana Sharma, qui fait bien comprendre qu’après des années d’expansion fulgurante, les universités asiatiques vont traverser une période particulièrement difficile alors que la plupart de ces pays verront une importante diminution démographique de la jeune population.  Ainsi, au Japon, on est passé de 2,05 millions de jeunes éligibles aux études universitaires en 1992 jusqu’à 1,2 million en 2014.  Cette population s’est stabilisée, mais des experts prédisent qu’elle chutera de nouveau pour atteindre 990 000 in 2031.  De même, entre 2015 et 2050, Taiwan verra un déclin de ses jeunes d’environ 46 %.  En Thaïlande, cette diminution sera de 38 %, tandis qu’elle atteindra 31 % en Corée du Sud et 21 % en Chine.  Plusieurs universités de ces pays fermeront et se tourneront notamment vers le recrutement d’étudiants étrangers pour tenter de survivre…
  • En Australie, Geoff Maslen montre comment la décision en 2008 du gouvernement travailliste d’ouvrir grandes les portes des universités a encore des répercussions aujourd’hui.  Autrefois, les universités pouvaient recruter davantage, mais le gouvernement ne subventionnait pas ces étudiants additionnels.  Sans incitatifs, les institutions australiennes limitaient le nombre de places disponibles.  Lorsque le gouvernement a accepté de payer pour tous les étudiants inscrits, les universités se sont mises à compétitionner pour attirer le plus grand nombre de candidats: « The result was not just overflowing lecture theatres and laboratories but over-large tutorials and overworked academics who struggled to keep up. »  Alors que plusieurs applaudissent le plus grand accès aux études supérieures – notamment pour les aborigènes et les étudiants adultes, le nombre d’échecs et d’abandons a grandement augmenté.  Il sera cependant difficile d’offrir plus de soutien aux étudiants alors que le gouvernement conservateur vient de couper 2,2 millliards $US dans les budgets des universités en plus d’augmenter les frais de scolarité.
  • D’autres articles traitent de la situation en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Allemagne, en Afrique, etc.

Sources:

Knight, Jane, « A look on the bright side of HE internationalisation« , University World News, o 500.

Marshall, Jane, « A decade of reforms under three presidents rolls on« , University World News, o 500.
Maslen, Geoff, « Momentous university open door policy abandoned« , University World News, o 500.
O’Malley, Brendan, « Ten years of changes and challenges in higher education« , University World News, o 500.

Sharma, Yojana, « Declining populations point to a sombre future for HE« , University World News, o 500.

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