En classe inversée, pas d’étudiants réellement actifs sans professeur activement passif

Vous enseignez de façon magistrale depuis des années et avez envie d’apporter quelques changements à votre pratique?

Vous connaissez l’apprentissage actif, la classe inversée et pensez que vous pourriez vous y mettre sans trop de difficultés car vous connaissez à fond votre matière, maîtrisez les technologies et l’idée de produire des capsules multimédia vous stimule déjà. Mais avez-vous pensez à ce que vous ferez en classe?

Au-delà de la préparation et de la mise en oeuvre d’une classe inversée, vous devez savoir que le rôle que vous serez appelé à y jouer vous sortira peut-être de votre zone de confort.  Quoi de plus exigeant pour un professeur capable de discourir des heures durant sur un sujet que de devoir rester silencieux, observer ses étudiants, écouter leur discussion, réaliser qu’ils remettent en question une théorie ou errent devant un problème à résoudre, sans intervenir à la première occasion?

Planifier des activités pédagogiques qui permettent aux étudiants de s’engager activement est une chose. Adopter l’attitude juste de retrait bienveillant devant une classe en action en est une autre.

Pour réussir à relever ce défi et développer votre aisance dans ce nouveau rôle, voici 3 choses qu’il est bon d’apprivoiser :

  1. Le lâcher-prise – il ne s’agit pas de perdre le contrôle de votre classe mais plutôt d’orienter votre regard sur l’apprentissage plutôt que sur la matière. Soyez présent, attentif aux étudiants. Soyez patient et silencieux. Intervenez au besoin, c’est à dire lorsque les étudiants vous le demandent.
  2. Le désordre – qui dit classe inversée dit activités, qui dit activités dit interactions et qui dit interactions dit brouhaha. Ce désordre apparent peut être difficile à vivre autant pour certains étudiants habitués à recevoir ou à mémoriser que pour vous. Votre classe devient un espace où les essais et les erreurs sont encouragés.
  3. L’écoute active – en classe inversée votre rôle est de soutenir les étudiants dans leur tâche d’apprenants. Circulez, observez les équipes, soyez à l’écoute. Lorsque les étudiants vous le demandent, intervenez en posant des question ouvertes qui les guideront vers leur propre solution.

Apprendre à être activement passif est sans doute l’une des choses les plus difficiles à demander à un professeur. Mais ceux et celles qui réussissent ce changement le disent irréversible et c’est l’apprentissage de tous, étudiants comme enseignant, qui s’en trouve modifié.

Source: Honeycutt, Barbi, «Be actively passive: embrace your new role in flipped and actived learning classroom», blogue de l’auteure, 4 février 2018.

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