De nouvelles menaces technologiques guettent-elles les universités?

Article suggéré par ma collègue Sonia Morin.  Intéressant en ce début d’année de se faire rappeler en quoi la rapidité des changements technologiques est en train de secouer les fondements même de l’université telle que nous la connaissons. Subhash Kak est professeur d’ingénierie à la Oklahoma State University.  Il s’inquiète de la lenteur de réaction des institutions d’enseignement supérieur à ces transformations.

As a professor who researches artificial intelligence and offers distance learning courses, I can say that online education is a disruptive challenge for which colleges are ill-prepared. Lack of student demand is already closing 800 out of roughly 10,000 engineering colleges in India. And online learning has put as many as half the colleges and universities in the U.S. at risk of shutting down in the next couple decades as remote students get comparable educations over the internet – without living on campus or taking classes in person. Unless universities move quickly to transform themselves into educational institutions for a technology-assisted future, they risk becoming obsolete. (Kak, 2018)

D’après lui, les universités doivent réaliser que la formation en ligne amène les nouvelles menaces suivantes.

  • Certaines compagnies demandent aux étudiants d’obtenir certaines habiletés plutôt que des diplômes.
  • Des universités (comme la Arizona State University) offrent des bulletins listant les cours que des étudiants ont reçu en ligne par des fournisseurs de MOOC comme edX.  « An employer would never know the person studied online. » (Kak, 2018)
  • En ligne, les étudiants n’ont besoin de payer que s’ils sont satisfaits de leurs notes et s’ils souhaitent absolument obtenir des crédits universitaires.
  • Certains étudiants voudront choisir une variété de cours de différentes universités, selon la qualité et le mérite du cours et de l’institution.
  • Certaines institutions demanderont aux étudiants de payer pour des expériences d’apprentissage présentielles spécifiques.
  • La majorité des étudiants qui prendront des cours en ligne ne chercheront pas à obtenir un diplôme. Ils voudront simplement un ou quelques cours en particulier, de manière à personnaliser leur formation.
  • Les universités se retrouveront bientôt en situation de devoir créer des programmes spécifiques pour des employeurs précis.

Mais ce qui m’interpelle particulièrement, c’est que Kak nomme noir sur blanc ce que je pressens depuis quelques mois maintenant quant aux impacts de l’intelligence artificielle sur le marché de l’emploi et à la façon dont nous devrons préparer les étudiants:

Now, the number of jobs mostly involving routine skills – both physical and cognitive – is shrinking over time. Increasing automation at factories is rapidly replacing workers at factories, even in low-wage countries like China. Artificial intelligence technologies like machine learning and computer vision are permanently eliminating high-skill jobs in offices, too. Many world economies – including in the U.S. – are turning from manufacturing to service, in which most new jobs do not require advanced education.

The remaining jobs will involve fewer routine tasks. The people doing that work will still need some education beyond high school. But they may not have as much need to attend classes at, or even live on, a physical university campus… (Kak, 2018)

Il termine son article en affirmant: « …Universities will find themselves needing to explore other ways artificial intelligence technologies can help reduce the cost of education. »

Source: Kak, Subhash, « Universities must prepare for a technology-enabled future« , The Conversation, 9 janvier 2018

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