Publier dans une revue prédatrice en toute connaissance de cause

Le propos de cette dépêche en fâchera probablement plus d’un mais, dernièrement, on a vu apparaître des articles mentionnant que des chercheurs soumettaient volontairement des publications dans des revues prédatrices.  Mais pourquoi?

Derek Pyne, professeur d’économique à l’Université Thompson Rivers en Colombie Britannique, a publié les résultats d’une recherche comparative qu’il a effectuée sur la reconnaissance que procurent les articles publiés dans des revues prédatrices et celle pour des publications dans des revues traditionnelles pour une petite école d’administration canadienne.  Il ressort que la reconnaissance est plus grande lorsque les articles sont publiés dans des revues prédatrices.   Parmi les raisons invoquées, on retrouve le désir d’une promotion rapide, la difficulté de juger de la qualité des revues dans lesquelles les articles ont été publiés, du peu d’incitatifs à ne pas publier dans de telles revues, le coût moindre (par rapport aux revues avec évaluation par les pairs) à débourser pour être publié.

Gina Kolata écrit dans son article du New York Times que it’s increasingly clear that many academics know exactly what they’re getting into, which explains why these journals have proliferated despite wide criticism. The relationship is less predator and prey, some experts say, than a new and ugly symbiosis.

Face au phénomène grandissant de la publication dans des revues « douteuses », l’organisme subventionnaire américain National Health Institutes vient de publier des directives à l’intention des chercheurs pour les aider à choisir des revues scientifiques crédibles.

Dans sa dépêche du 27 novembre 2017 portant sur le même sujet, Hervé Maisonneuve termine sur ces propos :

Des phénomènes troublants montrent que l’avenir est incertain :

  • des revues prédactrices, avec le temps et l’expérience, s’améliorent progressivement… !!!!
  • le nombre de revues prédatrices pourrait être bientôt égal à celui des revues scientifiques de qualité ;

À cet effet, Pyne rapporte dans son article du 5 avril que Cenyu Shen and Bo-Christer Bjork, researchers at the Hanken School of Economics, estimate that in 2014, a staggering 420,000 papers were published in predatory journals and all indications are that the number is still growing.

  • à l’inverse, des revues de groupes sérieux commencent à envoyer des emails de sollicitations d’articles, et les spams augmentent…

Il peut s’en suivre de la confusion pour les chercheurs.  Chose certaine, le sujet est loin d’être clos.

Sources

Pyne, Derek.  The Reward of Predadory Publications at a Small Business SchoolJournal of Scholarly Publishing.  Vol. 48, No 3, 1er avril 2017. (accessible via le Service des bibliothèques et archives)

Pyne, Derek.  Are universities complicit in predatory publishing?  Ottawa Citizen.  5 avril 2017.

Kolata, Gina.  Many Academics Are Eager to Publish in Worthless Journals.  New York Times.  30 octobre 2017.

Maisonneuve, Hervé.  Des chercheurs publient volontairement dans des revues prédatrices, et celles-ci progressent…  Rédaction médicale et scientifique.  27 novembre 2017.

McCook, Alison.  NIH to researchers : Don’t publish in bad journals, please.  Retraction Watch.  1er décembre 2017.

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Commentaires

  1. Jean-Pierre Hutter a écrit:

    très bel article

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