Environnements numériques d’apprentissage: un état des lieux

J’ai participé tout récemment avec mon collègue Christian Dumont à une série de trois ateliers présentés par la Vitrine technologie éducation (VTE) portant sur le sujet en titre.  Pascale Blanc, conseillère technopédagogique à la VTE, a animé ces séances et produit un rapport fort intéressant.  Elle y présentait les résultats d’une enquête menée auprès des universités québécoises pour connaître leurs choix respectifs d’un environnement numérique d’apprentissage (ENA) dans un horizon sur les 5 prochaines années.  Cet atelier était aussi l’occasion de présenter en parallèle une revue des tendances observées sur le marché des ENAs ainsi que des tendances futures en éducation.

Voici quelques éléments qui m’ont plus particulièrement interpellé.

  • La majorité des universités au Québec ont adopté la plateforme Moodle et ne souhaitent pas la remplacer d’ici 5 ans.
  • L’ENA est surtout utilisé pour faciliter la gestion de l’enseignement, et moins pour soutenir l’apprentissage chez les étudiants par des développements ou la personnalisation de l’environnement.
  • L’apprentissage actif, le réaménagement des salles, la classe inversée et l’hybridification des cours ont la cote mais ont peu d’impact sur l’ENA et son fonctionnement.
  • Les MOOCs génèrent de l’intérêt mais surtout dans un contexte où les universités cherchent à les exploiter dans un contexte de recrutement pour les programmes réguliers de formation.
  • Les jeux sérieux, les FabLabs, la réalité virtuelle sont d’actualité, mais peu de projets en ce sens sont en cours d’implantation dans les institutions.
  • D’autres plateformes semblent émerger et prendre des parts de marché chez nos voisins du Sud en concurrence à Moodle, notamment Canvas et Brightspace, mais elles sont surtout choisies par des universités canadiennes qui cherchent à remplacer Blackboard par une alternative commerciale du même type.

Avec l’avènement de l’analytique des apprentissages et des besoins pédagogiques que les ENAs actuels ne permettent pas toujours de combler, on voit pointer à l’horizon la possibilité d’un élargissement de la définition de l’ENA pour permettre aux enseignants de mieux suivre les progrès des étudiants dans leurs apprentissages.  Le concept de « next generation digital learning environment » (NGDLE) fait son apparition: une série de solutions interopérables et normalisées pourraient être « fédérées » pour faciliter la création d’un écosystème numérique plus flexible:

Ainsi, tous les ingrédients seront là pour rendre une architecture de type Lego® incontournable : un noyau satisfaisant les besoins transversaux qui s’intègre avec d’autres systèmes de l’université et avec des applications pédagogiques, développées par des fournisseurs, des développeurs institutionnels ou facultaires et des associations faisant la promotion des logiciels et des ressources éducatives libres. Le standard IMS-LTI soutenant cette approche est prêt depuis longtemps. D’autres standards et normes s’ajouteront.
Et l’étudiant(e) au coeur de cet écosystème numérique, tout comme ses enseignant(e)s, ses pairs et ses communautés, sera aussi plongé(e) dans un écosystème physique, où les salles d’apprentissage actif se mêleront aux FabLabs et autres espaces expérientiels ou de réflexion, pour le bénéfice d’apprentissages de qualité en autonomie ou en collaboration.

À lire!

Source: Blanc, Pascale & Guay, Pierre-Julien. Les environnements numériques d’apprentissage (ENA) : État des lieux et Prospective – Rapport d’analyse et de synthèse. Vitrine technologie éducation, octobre 2017.

 

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