Comment conserver son esprit critique sur le Web?

Le philosophe de l’éducation, Normand Baillargeon, a publié une courte chronique dans le mensuel Voir portant sur les compétences à enseigner aux jeunes pour développer un esprit critique face aux contenus trouvés sur le Web :

Comment s’y retrouver, comment conserver son esprit critique devant cette surabondance d’informations qui ne sont manifestement pas toutes crédibles? L’enjeu est de taille puisque la qualité de la conversation démocratique dépend de manière décisive qu’elle se tienne entre citoyens informés. Et c’est loin d’être gagné.

En dressant tout d’abord un triste constat de diverses études américaines visant à démontrer la faible capacité à déceler des contenus fiables en ligne, l’ancien professeur de l’UQÀM dresse la table pour énoncer des trucs que les experts, les facts checkers [vérificateurs de faits?], mettent de l’avant pour départager le vrai du faux, ou du simplement plausible :

  • On se demandera, par exemple, à propos d’un site donné : est-il fait de manière professionnelle?
  • Les textes sont-ils rédigés en une langue irréprochable?
  • Des références sont-elles fournies?
  • Sont-elles crédibles?
  • Expose-t-on de manière acceptable une idée avec laquelle on n’est finalement pas en accord?
  • Propose-t-on des arguments?
  • Est-ce une adresse .com ou .org?
  • Est-il possible de contacter une personne responsable du site?

Ces astuces peuvent également être regroupées en trois stratégies simples et efficaces.

1. La « lecture latérale »

Quand des facts checkers arrivent sur un site, ils ouvrent plutôt rapidement d’autres fenêtres pour lire à propos du site examiné, notamment sur les auteurs et les contenus commandités.

2. Wikipédia

Les facts checkers consultent surtout les références et les sites proposés dans les références des articles, en allant vers ceux qu’ils savent crédibles, plutôt que le texte de l’article. Enfin, ils vont sur les pages de discussion des articles pour apprendre ce qui pose problème sur les sujets controversés.

3. La modération du clic

Une tendance courante quand on fait une recherche dans Google est en effet de consulter les tout premiers sites que le moteur de recherche nous propose. Les experts, eux, passent plutôt du temps à examiner les URL des sites proposés et à lire les extraits de textes qui accompagnent chaque résultat. Cela fait, ils cliquent bien souvent sur des sites ne figurant que sur la deuxième ou la troisième page des résultats.


Source : Normand Baillargeon, Trois trucs pour naviguer de manière critique, Voir.ca, 30 novembre 2017.

Créer des emplois à l'aide de l'intelligence artificielle?
Formation à distance dans les universités et collèges du Canada en chiffres

Exprimez-vous !

*