Bouchée d’apprentissage… Pour qui? Comment?

Le web et les appareils mobiles obligent les concepteurs pédagogiques à revoir certaines de leurs pratiques. Les formations s’ajustent, changent de visage, se personnalisent. Leurs contenus sont revus et redécoupés de manière à s’adapter aux apprenants, mais aussi aux médiums pour lesquels ils sont destinés. Les formations en ligne deviennent plus courtes (micro-learning) et dans la foulée, naissent de nouveaux formats dont fait partie la « bouchée d’apprentissage« .

Mais qu’est-ce qu’une bouchée d’apprentissage ou grain pédagogique?

Selon Digital Learning, il s’agit de la plus petite unité qu’on puisse imaginer. Une unité d’apprentissage qui traite un objectif pédagogique spécifique à la fois. La notion de grain pédagogique ou bouchée d’apprentissage renvoie aussi à une certaine notion de «parcours», plus individualisé.

  • des parcours complets (tous les grains) pour apprenants novices;
  • des parcours plus légers (quelques grains triés sur le volet) pour apprenants qui veulent se faire une tête sans approfondir un sujet;
  • des parcours à la carte (grains au choix) pour apprenants intermédiaires ou avancés qui veulent perfectionner un aspect précis d’un sujet qu’ils connaissent déjà.

Cindy Craig, bibliothécaire à l’Université de Floride, a comme intérêt de recherche l’évaluation de l’efficacité des didacticiels en ligne. Mentionnons que, dans sa carrière, elle a été confrontée à la création de tutoriaux et a pu constater la rapidité de désuétude de capsules longuement mûries. C’est pourquoi elle s’est intéressée au format très court en vidéo (15 secondes!). Selon Craig, le format court se prête bien à l’enseignement de processus en plusieurs étapes.

Évidemment, produire de courtes vidéos n’exclut pas le temps qu’il faut mettre en amont pour la planification. Faire court exige une réflexion. Il faut synthétiser, découper les contenus de manière à aller droit au but, sans omettre la cohérence d’ensemble.

Pour y arriver, Mme Craig suggère de :

  • dresser soigneusement la liste de chacune des étapes du processus (même les plus simples);
  • diviser chacune des étapes en micro-actions sans omettre les difficultés auxquelles risquent d’être confrontés les apprenants;
  • travailler avec des collègues, consulter vos pairs, demander des avis;
  • ajouter une narration pour clarifier ce qui est montré (éviter tout ce qui distrait de votre sujet);
  • au besoin ajouter des légendes.

Digital Learning ajoute «…[d]ans la mesure du possible, les grains qui composent une formation doivent avoir une taille similaire, afin de faciliter le repérage de l’apprenant dans sa progression globale.»

Vos étudiants pourraient-ils être friands de telles bouchées?

Sources

Craig, Cindy, «Modular short form videos for library instruction», In the Library with the Lead Pipe, 4 octobre 2017.

Jones, Jason B., «How to make short forms videos as tutorials, and why you might to», The Chronicle of Higher Education, 5 octobre 2017.

«Le découpage d’une formation en grains, une bonne idée?», Digital Learning, 16 octobre 2017.

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Commentaires

  1. Francheska Gaulin a écrit:

    En complément, ce récent article d’Hema Gopalakrishnan, qui décrit bien «ce qu’est» et «ce que n’est pas» le microlearning : http://blog.commlabindia.com/elearning-development/microlearning-what-it-is-and-what-it-is-not?

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