France : formation à la pédagogie obligatoire pour les nouveaux enseignants universitaires

En vertu du décret du 9 mai 2017, les enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences) devront suivre dès septembre 2018 une formation obligatoire de 32 heures « visant l’approfondissement des compétences pédagogiques nécessaires à l’exercice du métier » (article 13 dudit décret).  Ces 32 heures se traduisent par une décharge d’enseignement la première année.  Le décret prévoit également 32 nouvelles heures pour les cinq années suivantes.  Les formats de la formation seront souples et variés : colloques, conférences, suivi de Mooc, accompagnement de projets, etc. Chaque établissement pourra aussi y développer sa politique de formation, en fonction de ses axes pédagogiques.  On parle de formation continue.

Selon Philippe Lalle, conseiller stratégique pour la pédagogie au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, d’autres pays ont déjà mis en place ce type de formation.

C’est le cas de la Suisse où, depuis plusieurs années, de nombreux services d’appui à la pédagogie existent. Les enseignants occupant des positions provisoires doivent prouver qu’ils ont évalué leurs enseignements et qu’ils sont bien perçus par les étudiants. Ils le font donc par nécessité, puisque sans cela, leur contrat pourrait ne pas être renouvelé.  En Belgique également, le dossier de valorisation pédagogique existe depuis quinze ans, notamment au sein de l’université catholique de Louvain. Aux Pays-Bas, l’université de Maastricht forme tous ses enseignants, sans exception, à l’apprentissage par problème, puisqu’elle en a fait son axe pédagogique.

Les doctorants, les « docteurs » et autres attachés temporaires d’enseignement et de recherche ne sont pas interpellés directement pour le moment.

À venir

Un référentiel métier pour les enseignants-chercheurs
Dans le cadre des discussions autour de l’agenda social, l’idée d’élaborer un référentiel métier pour les enseignants-chercheurs avait émergé. Un groupe de travail (ministère, CPU, Cdefi, CNU, associations professionnelles et réseau des Espé) a travaillé dessus jusqu’en janvier 2017.

Le document, après avoir été validé par le cabinet de Frédérique Vidal, doit être présenté aux organisations syndicales à l’automne. Il balaie toutes les fonctions de l’enseignant-chercheur : pédagogie, mais aussi recherche, investissement dans les missions collectives, mandats, etc. « Il recensera tout ce qui fait le métier de l’enseignant-chercheur et non tout ce qu’un enseignant-chercheur doit obligatoirement faire au cours de sa carrière », précise Philippe Lalle.

Deux ressources en lignes pour la formation des enseignants

Le ministère, via la Mipnes (Mission de la pédagogie et du numérique pour l’enseignement supérieur) a piloté la création de deux plateformes en ligne, dédiées à la formation des enseignants-chercheurs.

  • Neopass sup: grâce à des vidéos, la plate-forme propose un ensemble de situations d’intervention pédagogique. Chaque thématique est agrémentée de pastilles consacrées au vécu de l’enseignant, mais aussi des étudiants. Le projet s’inscrit dans la suite de Neopass@action, dédiée à l’enseignement scolaire. 

  • Le Mooc « Se former pour enseigner dans le supérieur » : disponible sur la plateforme FUN (France université numérique), ce cours en ligne a été réalisé par l’université Rennes 1. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 4 juillet. Le cours débutera le 8 novembre 2017 et entend mêler enseignement en ligne et ateliers en présentiel, organisés au sein des établissements.

Sources

Graveleau, Sévérin.  Enseigner à l’université, ça s’apprendLe Monde Campus.  19 septembre 2017.

Authemayou, Céline.  Pédagogie : le défi de la formation des enseignants-chercheursÉducPros.fr.  29 août 2017.

 

 

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