L’achat de technologies éducatives rarement basé sur des données de recherche dans les collèges américains

Les 3 et 4 mai 2017 s’est tenu à Washington DC le EdTech Efficacy Research Academic Symposium réunissant des représentants de l’industrie des technologies éducatives, des représentants d’universités et d’institutions primaires et secondaires, des bailleurs de fonds, etc.  Pendant l’année, dix groupes de travail avaient creusé une question à propos de laquelle ils faisaient rapport.

« Colleges spend upward of $5 billion a year on educational-technology products, but often they lack data that could better inform the decisions they make on what to buy.  Over the past year, several dozen academics, business executives, and policy wonks researched why “efficacy research” isn’t more of a factor in these decisions. Some of those findings were presented at a symposium in May, and now the full reports are available.  » (2017, notre emphase)

Outre le montant total investi qui est intéressant (même si l’on n’a pas réussi à retrouver d’où il vient…), la lecture de certains de ces rapports permet d’en apprendre davantage sur la façon dont les gestionnaires prennent les décisions relatives aux technologies éducatives, nonobstant ladite « recherche en efficacité » (terme inconnu de plusieurs répondants).  On découvre ainsi que…

  • si plusieurs répondants conviennent qu’il est préférable que les choix technologiques répondent à des besoins pédagogiques, il arrive souvent que les solutions soient achetées et que l’on cherche ensuite les problèmes qu’elles peuvent régler…  On convient qu’il doit y avoir des cycles entre l’identification des besoins et la connaissance fine des solutions existantes.
  • les principales sources d’information demeurent les collègues (mentionnés dans 96 % des entrevues), les vendeurs (80 %), les colloques et conférences (93 %), les associations professionnelles (67 %), les sources écrites (62 %; dont seulement 9 % de publications revues par des pairs).  Les groupes et instituts de recherche, les centres techniques ont été mentionnés dans moins de 10 % des entrevues.
  • les objectifs les plus souvent mentionnés pour l’acquisition de technologies éducatives étaient les suivants:
    • A. soutenir une variété de stratégies pédagogiques et d’évaluation, y compris…
      • la collaboration entre étudiants et professeurs, l’interactivité des contenus,
      • l’évaluation en situations authentiques, l’apprentissage actif, l’individualisation de l’enseignement,
      • l’apprentissage basée sur les compétences (competency-based learning) et la réalité virtuelle.
    • B. améliorer l’efficacité opérationnelle et réduire les coûts.
    • C. améliorer l’expérience utilisateur en modernisant ou en améliorant la fonctionnalité de systèmes existants. Par exemple: accroître la capacité de répondre aux étudiants en ligne.
  • les critères couramment utilisés pour sélectionner des produits et services en technologies éducatives entrent dans cinq catégories principales:

    A. les caractéristiques et fonctionnalités, mentionnées dans 95 % des entretiens.

    B. la faisabilité de la mise en œuvre, mentionné dans 82 % des entretiens.

    C. les considérations de coûts ou de retour sur investissements, mentionnées dans 82 % des entretiens.

    D. l’expérience de l’utilisateur ou la convivialité, mentionnées dans 61 % des entretiens.

    E. la disponibilité chez le fournisseur et la relation-client qu’il entretient, mentionnés dans 41 % des entretiens

Sources:

[s.a.], « Quick Hits », Bulletin Re:Learning, The Chronicle of Higher Education, 25 juillet 2017

« Working Group B », EdTech Decision-Making in Higher Education, 9 p. [PDF]

Quatre perceptions erronées qu'ont les étudiants à propos de l'apprentissage
Un point de vue divergent sur l'importance du travail collaboratif

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