La sieste pour mieux apprendre

La sieste d’après-midi fait partie des habitudes dans plusieurs pays, mais elle est très peu répandue ici après l’âge préscolaire. Et pourtant, on y gagnerait énormément en termes de performance cognitive, notamment en apprentissage.

On connait l’importance d’une bonne nuit de sommeil pour l’activité cognitive. En dehors des observations que l’on peut faire au niveau neuronal, de nombreuses études ont pu démontrer par des mesures de performance comparées que le rappel d’information reçues est amélioré par une nuit de sommeil de durée suffisante et qu’il est réduit par le manque de sommeil. Or, la sieste a le même effet. Qui plus est, elle gagne à être courte!

Elle a un effet positif sur l’apprentissage tant si elle précède l’apprentissage que si elle le suit. Dans le premier cas, elle prépare le cerveau à porter attention et à absorber l’information. Dans le deuxième cas, elle permet d’amorcer le processus de consolidation des apprentissages et d’élimination d’informations excédentaires.

Selon le professeur Leon Lack, la durée optimale se situerait entre 10 et 15 minutes de sommeil léger, pour des gains en productivité se maintenant de 2 à 3 heures. John Medina cite une étude de la NASA qui a démontré un gain de productivité de 34% chez les pilotes après une sieste d’environ 25 minutes, gain qui se maintient pendant de longues heures.

Mais attention! Si on dépasse ces durées, on se réveille plutôt avec une impression de somnolence dont il est plus difficile de se sortir… À moins de dormir entre 60 et 90 minutes et de faire un cycle complet de sommeil avec tous les stades.

Un autre avantage de la sieste est qu’elle brise l’inertie du début d’après-midi après le repas. Ce n’est pas pour rien que les endroits où on pratique la sieste la placent à ce moment de la journée.

Et la recherche indique que le rythme naturel de la plupart des humains serait d’avoir deux périodes de sommeil par jour plutôt qu’une seule. Des données tant historiques qu’expérimentales le démontrent. Le changement vers une seule période de sommeil daterait de la révolution industrielle.

Alors, pourquoi pas placer 15 minutes de temps dans son horaire pour une petite sieste après le repas du midi, et le suggérer à nos étudiants?

Sources

Cooper, Bellle Beth (2013) The Science Behind What Naps Do For Your Brain–And Why You Should Have One Today. Fast Company.

Ficca, Gianluca et al. (2010) Naps, cognition and performance. Sleep Medicine Review. Vol. 14 No. 4, août 201,. pp 249-258. https://doi.org/10.1016/j.smrv.2009.09.005

Hegarty, Stephanie (2012) The myth of the 8-hour sleep. BBC News. 22 février 2012.

Jackson, Melinda & Banks, Siobhan (2016) Did we used to have two sleeps rather than one? Should we again? The conversation.

Medina, John (2009) Brain Rules: 12 Principles for Surviving and Thriving at Work, Home, and School. Pear Press. 301 pages. http://brainrules.net (Note : une nouvelle édition rehaussée a été publiée en 2014)

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