L’importance de l’élagage neuronal pour l’apprentissage

L’apprentissage est souvent abordé sur le plan cognitif, mais il l’est aussi de plus en plus sur le plan cérébral grâce aux progrès que les appareils d’imagerie ont permis de réaliser en neuroscience. Fast Company résume des découvertes récentes sur la formation de nouvelles connexions dans le cerveau… et leur suppression! Fast Company est une publication orientée sur le milieu des affaires et du travail; elle présentait cet article dans une perspective de productivité personnelle au travail, mais l’information s’applique à toute situation d’apprentissage ou de travail intellectuel.

D’abord, on explique que les apprentissages s’observent dans le cerveau en terme de nouvelles connexions entre les neurones. Plus on réutilise ces nouvelles connexions, plus elles se renforcent (augmentation du nombre et de la force des connexions, ou synapses). Il se crée ainsi de véritables circuits qui se consolident et se complexifient à force de s’activer.

Mais qu’en est-il des connexions qui ne sont que peu ou pas utilisées? Des cellules qui voisinent les neurones, nommées cellules gliales, font un élagage périodique afin de laisser place aux connexions les plus utilisées. Les synapses peu utilisées sont marquées de certaines protéïnes qui indiquent aux cellules gliales concernées de les éliminer.

Et cette fonction est essentielle. Dans les périodes d’apprentissage intensif, on peut avoir l’impression d’avoir la tête pleine à craquer et que plus rien de nouveau de peut y entrer. Cette impression est en quelque sorte fondée : le cerveau qui crée énormément de nouvelles connexions dans une courte période a besoin de temps, mais surtout de sommeil, pour cet élagage et pour la consolidation des circuits qui demeureront.

When you learn lots of new things, your brain builds connections, but they’re inefficient, ad hoc connections. Your brain needs to prune a lot of those connections away and build more streamlined, efficient pathways. It does that when we sleep.

Your brain cleans itself out when you sleep–your brain cells shrinking by up to 60% to create space for your glial gardeners to come in take away the waste and prune the synapses.

Have you ever woken up from a good night’s rest and been able to think clearly and quickly? That’s because all the pruning and pathway-efficiency that took place overnight has left you with lots of room to take in and synthesize new information–in other words, to learn.

Voilà donc l’une des explications derrière la difficulté à bien fonctionner cognitivement lorsque l’on manque de sommeil. Sans cet élagage, les circuits importants n’ont pas accès au plein renforcement dont ils ont besoin, et ils sont un peu perdus dans le bruit des connexions qui devraient disparaître.

Les auteurs soulignent aussi la grande efficacité des courtes siestes (10-20 minutes) pour rafraîchir les idées et pour l’apprentissage. J’y reviendrai dans un prochain billet [Ajout : c’est fait].

Une grande leçon à retenir est que les connexions renforcées sont celles qui sont activées. Si on passe beaucoup de temps à penser à des choses peu importantes, ce sont celles dont les connexions seront renforcées, au détriment des connexions liées à ce qui est vraiment important. Il en tient donc à chacun d’envoyer les bons signaux d’élagage à son propre cerveau en se consacrant suffisamment aux activités qui sont importantes.

Source

Pollack, Judah & Fox Cabane, Olivia (2016) Your Brain Has A “Delete” Button–Here’s How To Use ItFast Company.

Une capsule vidéo pour expliquer ce qu'est la réalité virtuelle
Plagiat - Quand nos systèmes nous piègent…

Exprimez-vous !

*