Éduqués, les étudiants plagieraient moins (mais les profs doivent s’en mêler)

Le National Bureau of Economic Research de Cambridge, Massachusetts, a publié en janvier 2010 les résultats d’une recherche sur le plagiat basée sur 1200 travaux d’étudiants de 1er cycle réalisés dans 28 cours de sciences humaines d’une institution universitaire américaine.  L’hypothèse que les étudiants éduqués au plagiat plagieraient moins s’est avérée.   En effet, les travaux étudiants ont tous été soumis au logiciel de détection Turnitin et ceux des étudiants qui avaient reçu une formation sur le plagiat présentaient un taux d’originalité plus grand que ceux du groupe témoin, qui n’avait pas reçu de formation. 

Si cette recherche est intéressante en soi, elle n’apporte pas vraiment d’élément nouveau, car il est connu que l’éducation comme moyen de prévention contre le plagiat a une certaine efficacité.  Mais apprendre des règles de citation ne suffit plus dans un monde où l’information circule comme jamais auparavant.  Qu’en est-il des compétences informationnelles et rédactionnelles que les étudiants devraient apprendre à maîtriser au niveau universitaire?   L’utilisation d’un outil de détection, la réalisation d’un quiz en ligne ou tout autre moyen qui ne fait pas appel à un changement dans les pratiques pédagogiques est voué à un succès relatif.  En effet, les professeurs considèrent que le développement des compétences informationenelles ne leur appartient pas.

La finale de l’article de Scott Jaschik sur cette recherche (« Plagiarism Prevention Without Fear ») dans le Inside Higher Ed du 26 janvier 2010, est fort éloquente sur l’attitude des professeurs quant à leur intérêt à faire face au plagiat en relation avec les étudiants.

The study’s results, he [Thomas Dee, un des auteurs de l’étude] said, may be significant in helping college instructors consider the three choices to fighting plagiarism: the « moral suasion » approach, as in honor codes; the « law-and-order approach » of detection software and penalties; and the « educational approach » of teaching students what they should and shouldn’t do. He said that while the research results favor the educational approach, that would only work with a change in faculty attitudes. « College instructors do not generally view issues related to educating students about plagiarism as part of their core responsibilities, »

[Brian A. ] Jacob [l’autre auteur] agreed, saying that « faculty buy-in is critical » to an educational approach. « There are currently few incentives, and many disincentives, for faculty to be tough on student plagiarism, » he said.

In their own courses, Jacob and Dee have resisted taking on the role of the plagiarism police. Jacob said, « I don’t use any software, but this is mostly out of laziness and not personal conviction. »

And Dee said that while he has done « relatively little » to teach his students about ethical writing practices, he plans to use the tutorial from the study in his future courses.

Comme on peut le constater à la lecture de cette fin d’article, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les professeurs sentent qu’ils ont un rôle primordial à jouer dans la lutte contre le plagiat.

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Commentaires

  1. echamberland a écrit:

    C’est désolant : il y a consensus sur la faiblesse des compétences informationnelles des étudiants (je considère le respect de la PI comme une « compétence » informationnelle); il y a aussi un malheureux consensus pour dire que c’est aux autres de s’en occuper. Quel paradoxe! Il me semble qu’au minimum, tous les cours de méthodologie de recherche au 1er cycle devraient adorder ces notions.

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