Internet est-il trop difficile à utiliser? La suite…

Dans mon plus récent billet, j’ai évoqué la controverse sur l’utilisabilité d’Internet en général suscitée par l’imbroglio sur la page de connexion à Facebook (lire le billet en question pour comprendre celui-ci). Un nouvel article de blogue sur le même sujet a été porté à mon attention. L’auteur, Dan Grover, présente une argumentation basée sur la question des profanes de l’informatique. En bref, sa position est que toute critique faite par un profane n’est pas automatiquement recevable comme étant un problème d’utilisabilité : il y a un degré minimal de compétence informatique auquel on est en droit de s’attendre quand on considère la validité des critiques. Grover cite d’ailleurs un autre blogeur qui a une belle métaphore pour illustrer son propos :

« It’s like… Like if you asked a friend if there was a Starbucks in his neighborhood and he said, yeah I think there’s one half a mile down, maybe. And you drive half a mile and see a big carwash place, and you park and walk in and ask to speak to the manager. And you tell the carwash manager how unhappy you are with this terrible new Starbucks redesign. »

Mais Grover ne fait pas que critiquer, il propose deux pistes de solution :

1) l’éducation : un cours bien construit pour développer un niveau de compétences informatique et informationnelle adéquat, qui puisse passer l’épreuve du temps et des changements technologiques en combinant judicieusement, théorie, pratique et principes.

To create a computer course for laymen that does not do them a disservice, it should be rooted in things that we can reasonably anticipate will not change. I’m not quite sure what those are but the stumbling blocks outlined in the previous section are a good place to start. It should combine practical computer skills and general information literacy. It should be required and it should be rigorous, not a blowoff course.[…]

[…] This course could give students research projects to hone critical thinking. They could be given news stories, Wikipedia articles, and whitepapers by interest groups and be asked to get to the heart of the matter and argue one way or another. Students should be able to recognize logical fallacies and propaganda techniques so often employed by politicians and forum trolls alike.

The crux of all of this is that it’s becoming an essential skill for any capable person in our society to be able to sift through vast amounts of information of uncertain quality to find the best. Teach this and the rest effectively teaches itself.

2) le développement de logiciels bien adapté au public visé : choisir de façon délibéré son public et faire les choix d’utilisabilité en conséquence du niveau de sophistication de ce public. Cacher et minimiser la complexité du système si on s’adresse à un public général; offrir la puissance et la souplesse si le public est expert.

Le texte original est assez long, mais il est mon favori parmi ceux que j’ai déjà mentionnés dans le billet précédent.

Ces questions ne sont pas déconnectées de notre travail au SSF, puisque le soutien Moodle, entre autres choses, nous illustre sur une base régulière que nos usagers enseignants et étudiants n’en sont pas tous au même niveau de compréhension des technologies qu’ils utilisent. La question d’une bonne formation en compétences informatique et informationnelle n’est pas nouvelle non plus au SSF. Je trouve intéressant et riche l’idée que le même cours traite des deux aspects (compétence informatique et informationnelle).

C’est à mon avis une formation qui devrait être disponible pour les enseignants qui le désirent (dans une forme adaptée) et obligatoire pour les étudiants qui ne réussissant pas un test de classement préalable. Puisque nos étudiants devront vraisemblablement utiliser les technologies et évaluer la validité d’information tout au long de leur carrière, une telle formation me semble être un aspect important de la professionnalisation de nos étudiants.

L'innovation ouverte, un nouveau concept?
Dix principes pour l'avenir des institutions d'apprentissage à l'ère numérique

Exprimez-vous !

*