Des pistes pour surmonter les difficultés inhérentes à l’enseignement de la pensée critique

La professeure Linda B. Nilson est nouvellement retraitée de la Clemson University en Caroline du Sud, où elle fût la fondatrice et la directrice de l’Office of Teaching Effectiveness and Innovation.  Le 15 novembre prochain, elle donnera un webinaire intitulé Teaching Critical Thinking to Students: How to Design Courses That Include Applicable Learning Experiences, Outcomes, and Assessments.  Dans un article – sans doute destiné à promouvoir sa formation – elle expose combien il est difficile d’enseigner cette habileté aux étudiants et propose quelques pistes de solution pour aller de l’avant…

Selon elle, la littérature scientifique à propos de la formation à la pensée critique est fragmentée, alors que les divers chercheurs travaillent en silos sans s’appuyer sur les travaux les uns des autres.  Par ailleurs, les étudiants n’ont pas toujours l’habitude ou les dispositions pour remettre en question leurs idées préconçues:

…While each has a different definition of critical thinking, they all agree that it involves the cognitive operations of interpretation and/or analysis, often followed by evaluation. They also concur that students have to critically think about something, which means students have to learn how to do it in a discipline-based course. Another point of agreement is how difficult it is to do; it goes against our natural tendency to want to perceive selectively and confirm what we already “know” to be true. Therefore, critical thinking involves character as well as cognition. Students must be inclined to pursue “truth” over their own biases, persist through challenges, assess their own thinking fairly, and abandon mistaken reasoning for new and more valid ways of thinking. These intellectual “virtues” don’t come easily or naturally. (Nilson, 2016, nos emphases)

Pour surmonter ces défis, elle suggère…

  • de poser des questions ouvertes exigeantes aux étudiants. Des questions qui nécessitent une réelle analyse et un approfondissement honnête.  Par exemples, « Quelle est votre interprétation de ce passage? », « Y’a-t-il d’autres interprétations possibles? », « Quelle est la valeur de chacune de ces interprétations? », etc.
  • de leur faire décrire, après chaque réponse, comment ils en sont arrivés à cette conclusion, de manière à ce qu’ils puissent développer une certaine métacognition en lien avec leur processus de raisonnement.
  • de leur offrir de la rétroaction (de l’enseignant, d’un auxiliaire d’enseignement, d’un autre expert ou de leurs pairs), de manière à ce qu’ils puissent se corriger et raffiner leur pensée.
  • d’utiliser des méthodes pédagogiques qui favorisent la réflexion: discussions en classe, notamment pour revenir sur la résolution de cas complexes, de simulations ou de jeux de rôles, mais aussi des débats, des controverses, la tenue de journaux de réflexion ciblés, des laboratoires guidés, etc.
  • de servir de modèles de rôle pour les étudiants en remettant en question nos convictions personnelles et en ayant l’ouverture d’esprit d’interroger des points de vue différents des nôtres.

Source: Nilson, Linda, « Teaching Critical Thinking: Some Practical Points« , Faculty Focus, 24 octobre 2016

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