Mahara : survol d’une plateforme de portfolios électroniques en ligne

J’ai fait une première évaluation de la plateforme de portfolio électronique en ligne Mahara. Pour le moment, cette évaluation n’est appuyée que sur l’information disponible sur leur site web et dans leurs forums de discussion : je n’ai pas encore testé la plateforme. Mon impression générale : prometteur, mais dans la mesure où la réponse à mes questions en suspens est positive.

Un peu d’histoire et d’information générale d’abord. Mahara est un développement récent (début en mi-2006) parraîné par une commission de l’éducation de Nouvelle-Zélande, en modèle logiciel libre. Conçu dès le départ pour s’intégrer à Moodle, Mahara supporte aussi divers autres standards électroniques. L’interopérabilité avec d’autres systèmes est un objectif de développement. Il est conçu pour accepter des modules externes (plugins) afin d’étendre ses fonctions, de telle sorte qu’il s’adapte facilement aux besoins spécifiques des organisations qui l’adoptent. Enfin, sur le plan très technico-technique, il est conçu pour permettre la croissance avec des serveurs redondants et la séparation des composantes (bases de données, application, stockage de fichiers), le tout sur une base PHP-SQL.

En fait de fonctions, Mahara permet de créer ou de déposer de multiples types de contenus (documents écrits ou multimédia, articles de blogue, réflexions, etc). Mahara appelle tous ces contenus des artefacts. L’utilisateur peut ensuite constituer différents assemblages de ces artefacts dans des collections nommées des vues. L’utilisateur peut créer autant de vues qu’il le souhaite en recombinant ses artéfacts. Chaque vue peut être rendue publique, être partagée seulement à des utilisateurs triés sur le volet, ou même demeurer privée.

Pour cadrer cette micro-évaluation, voici des fonctions qui seront, je crois, importantes pour avoir une plateforme institutionnelle de portfolio d’apprentissage et de plan de développement individuel (liste pas nécessairement exhaustive) :

  1. Le professeur ou le programme peuvent « imposer » des modèles, soit certaines rubriques dans un certain format, qui correspondent aux exigences du programme ou du cours. Ce peut être simplement en créant des modèles que les étudiants importent dans leur propre portfolio.
  2. L’étudiant peut ajouter des rubriques et des contenus personnalisés facilement, sans les rendre visibles automatiquement à autrui. OK, acquis avec Mahara. Check!
  3. Le système de permission est à la fois simple et flexible : les rubriques « imposées » sont facilement accessibles aux enseignants concernés; l’accès aux rubriques personnalisées est facile à configurer.
  4. Le contenu est exportable dans un format transportable.
  5. Il est facile de générer un CV ou un portfolio de présentation à partir des informations consignées par un usager.
  6. Idéalement, il devrait s’intégrer à Moodle. OK, ça aussi c’est acquis avec Mahara. Check!

Je veux discuter des critères 1 et 3 ensemble, puisqu’ils sont inextricablement liés dans la pratique au niveau de l’utilisabilité des modèles. Il est bel et bien possible de créer des modèles publics que des utilisateurs peuvent adopter.

Les utilisateurs peuvent quand même ajouter librement autre chose à leur portfolio (critère 2). Pas sûr si le mécanisme n’est pas trop générique pour nos besoins anticipés à l’UdeS, par contre. Je m’explique : idéalement, un étudiant admis dans un programme où il doit remplir un portfolio selon certaines exigences ne devrait pas avoir à aller sélectionner le modèle et attribuer les permissions sur ces rubriques-programme lui-même : ça devrait être automatique ou semi-automatique. Pas sûr que Mahara le permette, mais c’est à vérifier.

Si je vais plus loin quant au critère 3 : Bien que le système de permissions ait l’air flexible, je ne suis pas certain qu’il soit simple. Il semble possible de créer des modèles, mais la gestion des permissions semble devoir être faite manuellement par l’étudiant une fois qu’il importe un modèle.  Pas très commode si un programme d’études veut imposer un référentiel de compétences et donner un accès en lecture à ces rubriques dans les portfolios de tous les étudiants du programme. Ce serait à tester.

Critère 4 : Je n’ai pas trouvé de mention que le portfolio était exportable dans un format autre.

Critère 5 : La plateforme inclut un bâtisseur de curriculum vitæ. Avec la fonction vues, il est aussi possible de sélectionner  certains contenus pour constituer une vue qui serait un portfolio de présentation que l’on peut rendre public.

Les prochaines étapes seraient, sans aucun ordre particulier :

  • Vérifier les modules externes (plugins) disponibles et les fonctions qu’ils ajoutent.
  • Tester la plateforme pour voir comment les fonctions annoncées se présentent.
  • Consulter quelques utilisateurs potentiels pour préciser leurs besoins.
Interne : Tester les technologies émergentes en enseignement
Après les bibliographies commentées, les tables des matières commentées

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