Communications scientifiques : attention aux prédateurs!

Ces derniers temps, deux professeurs, Jean Goulet, vice-doyen à l’enseignement de la Faculté des sciences, et Pedro d’Orléans-Juste, ancien directeur du Centre universitaire d’enrichissement des compétences en recherche, ont attiré mon attention sur le blog Scholarly Open Access, tenu par Jeffrey Beall, bibliothécaire à l’Université de Colorado.  Il serait à l’origine du vocable « predatory publishing », une approche frauduleuse de publication, qui est en train de complètement polluer les journaux en accès libre.

Beall a dressé une liste des maisons d’édition en libre accès potentiellement prédateurs; la liste, constamment mise à jour, contient probablement 1000 noms (Je ne les ai pas tous comptés.).   Selon Hervé Maisonneuve, qui a abordé le sujet à plus d’une reprise sur son blogue Rédaction médicale et scientifique,

  • [I]l semble exister au moins 923 maisons d’éditions dites prédatrices (chacune publie plusieurs revues) […]
  • Les revues uniques, sans être dans une de ces maisons d’éditions, seraient au nombre de 882 en 2016 (126 en 2013)
  • La liste des faux ‘metrics’ ou facteurs d’impact inventés pour tromper en identifie 38 (versus 26 en 2015)
  • Les revues piratées seraient 101 (pour 30 en 2015) ; nous avons présenté des pirates avec une revue française : Fourrages. Le pirate est un prédateur qui copie totalement une revue existante pour drainer les auteurs de cette revue.

La vidéo de 8 minutes Prédateurs ou pirates? de Maisonneuve est très instructive.

Les prédateurs s’intéressent également au monde des conférences.  Dans un billet daté du 23 juin 2016, Beall propose des critères pour identifier ces conférences prédatrices.   Attention!  Les indicateurs sont nombreux.

1) Any use of deceit automatically labels a conference organizer as predatory.

2) Inadequate peer review.

3) Other criteria common to predatory conferences.

  • High fees.
  • The conference is overly broad in scope.
  • Fast acceptance of submissions.
  • Regular extensions to the Call for Papers submission deadline or accepting papers after the deadline passed.
  • Connections to other predatory conferences or journals.
  • Virtual Presentations
  • Awarding best paper prizes before the end of the conference, awarding multiple “best paper” prizes.
  • Regularly accepting papers by undergraduates.
  • Using undergraduate or Master’s students as peer reviewers.
  • The conference gets marketed as a holiday. Conference websites and emails resemble travel brochures rather than conference notices.
  • Using the term “international” in the organization name or conference title when the conference organizers and/or attendees overwhelmingly come from a single country.
  • The conference organizer publishes journals that consist primarily of conference papers, especially if papers get published twice in the journal and the official conference proceedings without major revisions.
  •  The organizer promises that papers will be published in unnamed journals that are indexed in ISI, SCOPUS, or some other commonly-used whitelist.
  • There is no attempt to digitally preserve conference proceedings or make them available.
  • The organizer regularly sends spam emails to people outside the field of the conference.
  • There are insufficient contact details. Or the headquarters location is obscured by using P.O. boxes or virtual offices. Or the listed office is in reality a private home.
  • The name of the person registering the organization or its conference websites is hidden.
  • Conferences are regularly cancelled or conference venues changed on short notice.
  • Conference dinners or associated tours are offered at a profit.
  • Listing the names of “supported” organizations when no support is actually given.
  • The name of the conference matches or nearly matches the name of an established, respected conference.
  • Organizers create a “society”, “association” or “institute” and name it as the sponsor or organizer of the conference.
  • Conference websites contain spelling mistakes, grammar mistakes, or unnatural English.
  • One person is allowed to make multiple presentations to a single conference.
  • There is no limit placed on the number of presenters for a single paper.

À l’heure où la quantité de communications scientifiques reste encore un critère pesant lourd dans l’évaluation (et l’obtention) des demandes de fonds, les prédateurs ont beau jeu.  La vigilance s’impose, particulièrement, mais pas uniquement, pour les nouveaux chercheurs en quête d’un capital scientifique.

Sources –
Maisonneuve, Hervé.  Méfiez-vous des conférences prédatrices qui sont nombreuses et difficiles à diagnostiquerRédaction médicale et scientifique.  19 juillet 2016.

Beall, Jeffrey.  Proposed Criteria for Identifying Predatory ConferencesScholarly Open Access.  23 juin 2016.

Maisonneuve, Hervé.  La croissance des activités des truands augmente toujours : les listes de prédateurs de J. Beall nous inquièteRédaction médicale et scientifique.  10 mars 2016.

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