De l’envie comme moteur de la vie universitaire?

Article très candide de Theresa MacPhail, professeure-adjointe au programme Science, Technology & Society du Stevens Institute of Technology.  Elle admet volontiers qu’en parallèle avec sa joie et son admiration devant le succès de ses collègues, son profond sentiment de « jalousie professionnelle » (lorsqu’il n’est pas canalisé) nuit même à son travail…

Elle approfondit sa réflexion et sa quête intellectuelle pour comprendre que sa confiance en elle et la perception de sa propre valeur sont affectés par le succès de ses collègues.  Le contexte d’incertitude actuel dans le monde universitaire n’y est pas étranger:

« But even now, as a tenure-track assistant professor at a great engineering school, I feel a similar anxiety about my career path. I know that my future academic success isn’t necessarily simply about “doing the work” or doing it well. It’s also, in large part, about timing and luck. And that is what drives my insecurity and feeds my envy. Tenure, promotion, and book contracts, after all, are never guaranteed. » (MacPhail, 2016)

À partir d’auteurs académiques comme Wallace Hettle, Lee Skallerup Bessette, Brian Martin, Jessica Burstein, Sarah Manguso, elle devient convaincue que tout le système universitaire repose sur ce sentiment d’envie:

“I envy the feeling of forward motion these opportunities represent, that their careers are going somewhere, mean something. That there is progress being made, and that progress is being recognized and rewarded.” (Skallerup Bessette, citée dans MacPhail, 2016)

« “Universities are status systems […] When one person’s status goes up, the relative status of others goes down. As a consequence, the successes of colleagues are often resented rather than welcomed.” (Martin, cité dans MacPhail, 2016)

Mais si l’envie peut devenir moteur de créativité et de productivité en favorisant l’émulation entre les pairs, comment éviter qu’il ne ronge la motivation et la collégialité?  MacPhail a reçu plusieurs conseils de collègues, qu’elle partage avec ses lecteurs.

  • L’admiration est le revers de l’envie.  Lorsque l’on jalouse un collègue, on peut tâcher d’identifier quelles sont les aptitudes que l’on admire chez elle ou lui et tenter de les imiter.
  • L’équilibre travail-vie personnelle permet d’éviter de tout investir dans la carrière, alors que la valeur personnelle ne repose plus uniquement sur les succès professionnels.
  • Comme l’envie consomme temps et énergie, on peut choisir de ne pas s’y abandonner puisque l’on manque déjà de l’un et de l’autre.
  • « Gaining the maturity to discard envy has been essential to building a satisfying career. Success, after all, cannot be measured by book sales. It begins with intellectual curiosity, and thrives on good relationships with colleagues, friends, and students. » (Hettle, 2015)

Sources:
26 mai 2015

MacPhail, Theresa, « On Academic Envy », Vitae – The Chronicle of Higher Education, 27 juin 2016

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