Designer son portfolio électronique de A à Z (résumé d’article)

La Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire a fait paraître un article qui s’intitule « Du e-portfolio à l’analyse du produit et du processus de conception du projet personnel de l’étudiant » de Stéphanie Mailles-Viard Metz et Huguette Albernhe-Giordan, de l’Université de Montpellier 2. Il s’agit d’une analyse d’une utilisation du portfolio électronique dans un programme de formation post-secondaire de deux ans en technologies. Mon propre résumé suit.

Les auteures expliquent que leur démarche d’utilisation du portfolio est largement appuyée sur des principes de design, notamment ceux énoncés par l’expert mondial bien connu dans le domaine Donald Norman, qui a publié de nombreux livres à ce sujet [Commentaire du rédacteur: Intéressant de voir une équipe qui établit des liens entre le design et la pédagogie, tant au niveau théorique que dans la pratique. Je ne suis pas seul à voir ces liens. Yé!].

Leur portfolio se veut un instrument réflexif de développement professionnel.

En bref, la démarche de création du portfolio qu’elles ont élaborée se passe en quatre étapes.

  1. L’étudiant tente d’abord différentes activités d’exploration professionnelle pour mieux situer son propre avenir professionnel souhaité.
  2. L’étudiant participe à des activités d’instrospection individuelles et en petit groupe pour l’amener à mieux se connaître.
  3. L’étudiant élabore une carte mentale qui fait le lien entre ce qu’il connaît de lui-même, ce qu’il connaît des professions qui l’intéressent, les objectifs qu’il se donne et le cheminement qui peut le mener à atteindre ces objectifs. À partir de cette carte, l’étudiant élabore un portfolio électronique sur mesure avec les outils, la structure et le contenu qu’il choisit lui-même en fonction des étapes précédentes et de sa propre réflexion. Le support est au choix de l’étudiant : document word, présentation powerpoint, site web, etc.
  4. Le portfolio est révisé après la première année de formation, à la suite de son premier stage. L’étudiant revoit son portfolio dans sa forme et dans son contenu, qu’il complète et réajuste, au besoin.

Les trois premières étapes servent à encadrer des aspects difficiles à définir dans le processus de conception. Le principe de faire concevoir tous les aspects du portfolio par l’étudiant vise à rendre cet outil le plus proche possible de la réalité de l’étudiant, de qui il est. Le postulat de base est qu’il est plus bénéfique de faire participer l’étudiant à la conception de son portfolio que de lui demander de remplir un gabarit bâti d’avance (il arrive alors souvent que des parties du système soient détournées de manière à mieux refléter les caractéristiques de l’étudiant).

La réflexion de l’étudiant porte autant sur le contenant que sur le processus et sur le contenu. La démarche méta-cognitive de conception favoriserait la démarche de contenu. Impliquer ainsi l’étudiant dans la conception de son portfolio favoriserait l’émergence de trois qualités importantes d’un bon design : son utilité (il fait ce qu’il doit faire), son utilisabilité (il est facile à s’approprier, on peut l’utiliser facilement) et son acceptabilité (il est compatible avec les pratiques, ressources, contraintes et objectifs des utilisateurs).

Les auteures ont observé une grande variabilité dans les structures, supports et contenus des portfolios et dans les rubriques et contenus des cartes conceptuelles. Ces différences reflètent bien les différences individuelles dont elles ont voulu tenir compte en impliquant les étudiants dans tous les aspects de la conception de leur portfolio. Un sondage auprès des étudiants leur a permis de constater que les répondant prévoient continuer d’utiliser et de mettre à jour leur portfolio dans un tiers à la moitié des cas, selon les groupes interrogés et les événements susceptibles de pouvoir inciter à revenir au portfolio. Les étudiants de deuxième année qui ont fait un retour sur leur portfolio après avoir fait un stage semblent apprécier davantage la pertinence de l’outil (Commentaire du rédacteur: Bien que les auteures se disent satisfaites de la plupart des résultats, je trouve que les différents aspects de l’appréciation du portfolio par les étudiants sont, somme toute, assez mitigés (peu de choses au-dessus de 50% d’approbation). Voir l’article aux pages 61-62 pour le détail de ces résultats).

Pour les prochains groupes, les auteures prévoient encadrer un peu plus les aspects techniques de la réalisation du portfolio (appropriation du logiciel de cartes mentales, intégration à un système institutionnel connu pour favoriser l’acceptabilité). Elles envisagent aussi de proposer des outils préalablement structurés (sans l’être à outrance pour ne pas annuler les bénéfices métacognitifs de faire participer l’étudiant à la conception de son portfolio).

Merci à Marc Couture de m’avoir suggéré l’article.

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