Doit-on changer sa façon d’enseigner en formation à distance?

Un billet du blogueur Bruce Johnson soulève plusieurs éléments relatifs aux choix des stratégies et des méthodes d’enseignement qui intéresseront les enseignants qui débutent en formation à distance (FAD).  La transition de la classe traditionnelle en mode présentiel à l’enseignement en ligne, notamment par l’intermédiaire d’un environnement numérique d’apprentissage, peut être facile pour certains enseignants mais sera plus difficile pour d’autres qui n’auraient jamais eu à se questionner sur leur approche.  Johnson souligne avec justesse que la transition vers la FAD ne se résume pas seulement à préparer son matériel et à le diffuser: l’enseignant doit, s’il désire être efficace, adapter son enseignement au contexte spécifique de la FAD.

  1. Un premier défi est un point que nous avons abordé abondamment dans d’autres articles sur L’éveilleur, soit la question du rôle que doit jouer l’enseignant dans son cours.  Johnson associe cet aspect aux principes sous-jacents à la pédagogie et à l’andragogie, où l’enseignant universitaire doit adapter ses méthodes aux caractéristiques de ses étudiants – l’étudiant adulte est amené à participer plus activement au processus d’apprentissage, dans un environnement et un climat qui encouragent davantage l’exploration et l’autonomie, et dans une moindre mesure par l’instruction directe:There are two primary principles that are relevant for the field of education, pedagogy and andragogy. The principle of andragogy is meant to address teaching adults and it is generally based upon the premise that adults are self-motivated as students who have specific needs and want to be involved in an active learning environment. They also have existing knowledge and experience that needs to be acknowledged and leveraged in some manner by their instructors. This is in contrast to the principle of pedagogy or teaching children, which is a teacher-centered environment where the students are told what to learn and how to learn. These students are expected to passive participants in the learning process and they are considered to be blank slates, awaiting knowledge from the teacher.
  2. Un second défi réfère à la transition de la communication verbale à l’écrit. Ceci implique généralement une refonte du matériel qui sera présenté aux étudiants, travail qui nécessite une réflexion et un temps de préparation et d’adaptation additionnels de la part de l’enseignant.
  3. Un troisième défi, intimement lié au précédent, est la transition d’informer vers montrer (« Telling versus Showing »).  L’enseignant pourra, par exemple, informer ses étudiants verbalement et par écrit de l’état de la recherche sur une thématique en citant une source, mais devra être très attentif à la façon de présenter cette information dans ses écrits, si ce n’est que pour éviter d’être soupçonné de plagiat, même de façon non intentionnelle:During a classroom lecture an instructor may tell students about an article that was recently reviewed and that would likely be sufficient for that classroom environment. However, there is a notable difference between talking about sources and writing a classroom post, one that incorporates information from sources in some manner – whether quoted directly or paraphrased indirectly.

  4. Un quatrième défi est d’allier l’expertise à l’ouverture d’esprit, surtout dans un contexte où la notion de « salle de classe » devient plus fluide dans le temps et l’espace, alors que les étudiants ont accès au matériel (et souvent, à leur enseignant!) au moment et à l’endroit qui leur convient.
  5. Un cinquième défi est également lié au précédent, alors que l’enseignant est progressivement amené à à devenir plus flexible dans son approche d’enseignement.  La résistance face aux changements amenés par la réalité de la FAD peut soulever des frustrations chez des enseignants qui ne voudront pas changer leur façon de faire – cette attitude va contribuer à freiner l’apprentissage de nouvelles méthodes, de nouveaux outils qui pourraient être utiles à l’enseignant voulant améliorer son enseignement.
  6. Un dernier défi réfère encore une fois au rôle de l’enseignant, qui de plus en plus se voit passer d’éducateur à celui de facilitateur, où l’enseignant doit être impliqué plus que jamais dans l’apprentissage de ses étudiants et assumer une présence auprès des étudiants :

Another reason why online teaching is challenging at first for traditional instructors is that they are no longer at the front and center of every class, from the perspective of their visual presence. Some schools use the word facilitator to describe the work of an online instructor and while it may seem that a facilitator is someone who is sitting on the sidelines their role is much more important. An online instructor must become highly engaged and involved in their class if they are going to keep students interested and engaged in the class. Their role as an educator hasn’t changed but the format has and that requires the development of new instructional strategies.

L’auteur conclut en soulignant qu’il croit que la majorité des enseignants sont en mesure de développer de nouvelles méthodes d’enseignement dans le contexte de la FAD, dans la mesure où ils demeurent ouverts à apprendre et adapter leurs approches existantes.

Source: Johnson, Bruce. « Classroom vs. Online Teaching: Are Different Teaching Methods Needed? », Affordable Quality Writing, 27 novembre 2015.

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