La vidéo pourrait-elle déclasser l’écrit en formation?

L’efficacité de la vidéo, lorsque les codes qui lui sont propres sont respectés, laisse à penser qu’elle pourrait bien déclasser l’écrit au rang des véhicules de transmission des savoirs en formation.

Que le numérique touche tous les secteurs de l’activité humaine, qu’internet bouleverse nos pratiques, que la vidéo gagne chaque jour un peu plus en popularité ne surprend plus (Cira 2014).

Michaël Bourgatte dans «L’essor de la vidéo, indispensable outil des enseignants» voit pourtant dans la part que prend  la vidéo dans nos vies une véritable révolution en ce sens que la vidéo amène avec elle un langage spécifique qui est de plus en plus pris en compte et maîtrisé par les usagers.

«Si le réseau Internet favorise une communication accélérée entre au moins deux individus distants et qu’il peut garder la mémoire des échanges pour qu’ils soient consultés à tout moment, ce n’est pas là que se situe la rupture. La véritable révolution est liée à l’usage d’un nouveau média dans la transmission des savoirs, la vidéo, qui remplace de plus en plus l’écrit.» (Bourgatte, 2015)

Olivier Rollot explique quant à lui que pour enseigner aujourd’hui, le recours aux nouvelles méthodes et à de nouveaux dispositifs est indispensable. Il donne en exemple, le cours «Enjeux sociopolitique du numérique», lancé ce 1er octobre par Sciences Po Paris et conçu pour être suivi exclusivement sur appareil mobile. Composé de huit «saisons», chacune comprenant 6 vidéos de 2 minutes 30 et de «défis» à relever en petites équipes de travail, concevoir et produire ce cours a été un exercice beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît, soutient Dominique Boullier, professeur et auteur du cours.

«On va capter l’attention du public grâce à l’intensité des séquences vidéo, et la prolonger sur la durée grâce à l’activité coopérative qui se crée via l’application. Chaque usager du cours va rejoindre une équipe de six étudiants. À chaque saison de cours, les équipes vont devoir résoudre collectivement un “challenge”. Pour cela, les étudiants se rencontrent et échangent au sein de mini-forums sur l’application ou via d’autres plate-formes. La réponse à chaque challenge prend la forme d’un document produit collectivement car cela permet d’être actif et d’être soutenu dans son apprentissage.» (cité dans Bollot, 2015)

De plus en plus de cursus de formation offrent aux futurs enseignants des cours de production en ressources numériques qui intègrent les principes cognitifs pour l’apprentissage. Les écoles et les universités ont leurs centres technopédagogiques capables de produire des ressources numériques qui respectent les plus hauts standards de qualité: «… les universités et les centres d’enseignement sont de plus en plus nombreux à s’équiper d’un matériel plus adapté et plus approprié à la pédagogie audiovisuelle, comme l’ont fait l’université Paris Descartes ou l’EPFL à Lausanne.»

La preuve que l’importance du média audiovisuel et l’intérêt d’une réalisation soignée sont deux choses qui ont bien été intégrées par le corps enseignant.

Sources:
Bourgatte, Michaël, «L’essor de la vidéo, indispensable outil des enseignants», The Conversation, 2 octobre 2015.
Rollot, Olivier, «Il faut apprendre autrement: à distance et en vidéo», MBlogs LeMonde.fr, 12 octobre 2015.

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