Sondage auprès des étudiants britanniques: profs avec expérience terrain et formation pédagogique avant profs chercheurs

Le Higher Education Policy Institute (HEPI) et la Higher Edcation Academy ont publié les résultats d’un sondage sur l’expérience étudiante à travers la Grande-Bretagne.  Il appert que…

  • 44 % des étudiants préfèrent avoir un enseignant qui a une expérience professionnelle dans son domaine;
  • 39% des étudiants préfèrent avoir un enseignant avec de la formation pédagogique qui lui permettent de mieux enseigner;
  • 17 % des étudiants préfèrent un enseignant qui a de l’expérience en recherche.

Les étudiants de mathématiques, physique, langues et génie sont ceux qui tenaient surtout à avoir un enseignant qualifié. Sans surprise, les étudiants des filières professionnalisantes préféraient un enseignant qui connaît bien la réalité professionnelle.

Il est probable que la majorité des 15 129 répondants soient moins sensibles à l’importance de la recherche dans la vie universitaire:

Nick Hillman, director of Hepi, said that it was difficult for students to understand the benefits of having research-active lecturers.

“Students probably do see the benefit if they are actually involved in some aspect of the research themselves, but otherwise it’s not that clear what they get from this arrangement,” he said.

“They are more likely to want a less experienced postdoc who is interested in them, rather than a professor in their sixties who is writing their latest book,” he added. (Grove, 2015)

Peut-être s’agit-il d’un problème de communication de l’importance de la recherche auprès des étudiants:

…Denise Sweeney, an educational designer at the University of Leicester’s Leicester Learning Institute, said that the immense value of research-active staff was not always communicated to students.

“Any graduate who has to think for a living needs to know how to research, so it’s important that students are taught by scholars who know how to do this,” she said. (Grove, 2015)

Toutefois certains mettent en doute l’importance de cet équilibre sacré entre enseignement et recherche, arguant qu’une part importante de la formation initiale à l’université est confiée à des chargés de cours qui ne font pas automatiquement de recherche:

David Palfreyman, director of the Oxford Centre for Higher Education Policy Studies, went further and said that universities should admit that there was no evidence to suggest a “magical link” between research and good teaching. 

“If there is a wonderful link, how come half of undergraduate teaching is delivered in some places by casual temps who are not paid to be research-active?” he said.

Mr Palfreyman added that there was also nothing wrong with some universities becoming largely teaching-only institutions if they did the “job well”. (Grove, 2015)

Les universités britanniques sont supposé fournir des données quant au nombre d’enseignants ayant des qualifications en pédagogie, mais plusieurs n’y arrivent pas par manque de statistiques.  Or, le gouvernement conservateur nouvellement réélu a promis un cadre pour reconnaître les établissements avec la meilleure qualité de formation.  On croit que les résultats du sondage vont appuyer ce type d’initiatives.

Source:  Grove, Jack, « Student survey rates teaching qualifications above research activity« , Times Higher Education, 4 juin 2015.

 

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