Les emplois professionnels disponibles augmentent moins vite que le niveau de scolarité

Un article de Martine Letarte braque les projecteurs sur l’écart entre la diplomation et les postes disponibles pour les universitaires…

  • Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), 1 travailleur sur 4 avait fréquenté l’université en 2012.  En 1990, ils n’étaient que 13 %.
  • Selon l’analyse des 7 millions de CV de Workopolis, depuis 2000 les travailleurs bacheliers auraient augmentés de 16 %, les détenteurs de maîtrise de 43 % et les doctorants de 25 %;

« …[L]e niveau de scolarité des personnes en emploi a crû plus rapidement que les compétences requises par les emplois sur le marché du travail québécois entre 1990 et 2012, toujours d’après l’ISQ. Les emplois de type professionnel sont passés de 14% à un peu moins de 20%. La croissance correspond à la moitié de celle des diplômés. Ainsi, entre 1990 à 2012, le taux de surqualification est passé de 18% à près de 31%. » (Letarte, 2014, nos emphases)

  • D’après leurs manières de consulter la banque de Workopolis, les employeurs potentiels s’intéresseraient davantage aux compétences et à l’expérience qu’au niveau de scolarité des candidats.

Par ailleurs, 73 % des gens ne travailleraient pas dans leur domaine d’étude. D’après une titulaire d’un doctorat en archéologie qui travaille comme commis dans une bibliothèque:

«À 20 ans, j’étais pleine de rêves, dit-elle. L’université a besoin d’étudiants, alors on ne nous dit pas qu’on a de fortes chances de ne pas se trouver d’emploi dans son domaine et de terminer super endetté. Aujourd’hui, je ferais un diplôme d’études collégiales à la place pour me trouver un travail et des études universitaires par la suite en parallèle pour satisfaire mon désir d’apprendre.» (Letarte, 2014)

Mais tous les domaines d’études ne sont pas égaux quant aux chances de mener ou non à un emploi dans cette discipline.  Toujours selon Workopolis,

  • Les étudiants en soins infirmiers ont 97 % des chances de se placer;
  • En pharmacie: 94 %; en informatique: 91 % en ingénierie: 90 %; en ressources humaines: 88 %

Cependant,

  • En économie et en sociologie, le premier emploi est le plus souvent « représentant au service à la clientèle »;
  • En histoire et en philosophie, c’est « adjoint administratif»;
  • Toutefois, ces diplômés ont 68 % plus de chance que les personnes moins scolarisées d’avoir obtenu une promotion dans les 5 ans qui suivent leur diplomation.

Source: Letarte, Martine, « Études supérieures: plus de diplômés que de postes« , La presse, 1er octobre 2014

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