Internationaliser sa formation à bas prix par le travail collaboratif en ligne

Nombreuses sont les universités à vouloir offrir à leurs étudiants des expériences interculturelles plus riches, mais sans forcément devoir gérer les contraintes liées aux séjours à l’étranger. À cette fin, les avancées technologiques ouvrent des possibilités intéressantes en termes de discussions (synchrones ou asynchrones) et de réalisation de travaux communs. On les retrouve sous différentes appellations : Collaborative online international learning (COIL), online cultural exchange, virtual exchange, globally networked learning, telecollaboration.

C’est un compte-rendu de pratique de cette nature que propose un récent article d’Inside Higher Ed, faisant état d’expériences de jumelage international par visioconférence. L’une regroupait deux classes de géographie afin de procéder à l’analyse comparative de la géographie de leurs villes respectives. L’autre initiative visait le jumelage de deux classes d’apprentissage de l’allemand.

Les témoignages recueillis dans le cadre de cet article soulèvent bon nombre d’embûches liées à l’organisation d’expériences de ce type, notamment la collaboration à établir avec le professeur étranger ainsi que les difficultés de langues et de décalage horaire. Il souligne également le besoin de support (et d’expérience) à l’échelle institutionnelle, les professeurs devant compter sur un important soutien technologique et sur l’appui de conseillers spécialisés et expérimentés en la matière.

L’article cadre clairement les limites d’une telle expérience : le jumelage ne remplace en rien un séjour à l’étranger et ne devrait en aucun cas être envisagé comme un substitut d’expériences de cette nature. Un responsable met en garde contre le danger d’espérer y développer des compétences tangibles sur le plan interculturel; il souligne plutôt que des expériences de jumelage permettront tout au plus de développer une sensibilité à la dimension interculturelle  (cultural awareness). L’expérience menée dans la classe de géographie fut d’ailleurs riche à cet égard, les étudiants américains ayant été confrontés au sentiment d’hostilité plus ou moins affiché de leurs interlocuteur envers la politique étrangère américaine, aux embûches linguistiques et techniques rencontrées ainsi qu’une perception différente quant au respect des échéanciers.

Pour les étudiants, l’expérience s’est néanmoins révélée enrichissante, bien que parfois frustrante. Dressant un bilan des impacts sur la formation des étudiants, l’un des professeurs responsables conclut en ces termes :“You’re going to go out there in this globalized world and you need to learn how to negociate these things”.

Source: Redden, Elizabet, « Teaching with Tech across Borders« , Inside Higher Ed, 9 juillet 2014.

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