De l’usage de la vidéo à l’engagement étudiant

Mon collègue Marc m’a fait suivre dernièrement deux articles qui se font écho, abordant chacun à leur façon les changements qu’induit l’usage de la vidéo en enseignement.

D’abord un article d’Éric Tremblay intitulé «6-to-7-minutes-of-instructional-video: that the sweet spot!», qui rend compte des résultats d’une recherche obtenus par Philip Guo de l’Université de Rochester, invité par EDx à réfléchir aux questions reliées à la vidéo en formation. Les résultats préliminaires de ses analyses confirment que les étudiants s’engagent activement lorsque les vidéos qu’on leur soumet sont de courte durée.

«In fact, the average engagement time of any video maxes out at 6 minutes, regardless of its length. And engagement times decrease as videos lengthen: For instance, on average students spent around 3 minutes on videos that are longer than 12 minutes, which means that they engaged with less than a quarter of the content.»

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Pour Philip Guo, tout formateur désireux de produire des capsules efficaces devrait tenir compte de ces résultats et travailler de concert avec des concepteurs pédagogiques et vidéastes afin d’arriver à découper en segments courts et à rendre visuellement attrayants les contenus à transmettre.

Dans Campus Technology, Michelle Fredette constate de son côté que depuis dix ans beaucoup de choses ont changées tant pour les étudiants, que pour les professeurs.

Grâce à Internet, les premiers ont un accès quasi illimité aux connaissances, à des tutoriels, des intégrales de cours, etc. Désormais, assister à un cours en présence doit invariablement apporter quelque chose de significatif, sinon l’option de visionnement en ligne sera privilégiée.

Pour les seconds se sont développés des services spécialisés en technopédagogie et des outils de production conviviaux qui permettent de réfléchir d’avantage à la qualité du message à faire passer qu’au moyen d’y arriver. Interactivité, multidisciplinarité, collaboration, enseignement augmentée, contenu personnalisé, à la manière «Khan» ne sont que quelques-unes des couleurs que peuvent prendre les ressources que conçoivent désormais les enseignants pour favoriser l’engagement des étudiants.

Le Center for Instructional Technology de l’Université Duke a démarré en août dernier une communauté de pratique baptisée ViTaL (pour Video Teaching and Learning). Ce groupe d’intérêt s’est donné comme mandat de rassembler les personnes intéressées autour de thématiques liés à l’usage et à la production de vidéo pour l’enseignement. J’apprenais par leur liste de diffusion qu’une rencontre se tenait la semaine dernière où l’on a expliqué et démontré l’ensemble de capture portatif mis à la disposition des professeurs pour produire des capsules de formation.

Le numérique en formation (hybride ou à distance) forcent réflexion et changement de pratiques. Lors d’un récent Mois de la Pédagogie, un professeur formulait à peu près en ces termes son expérience : « …À faire de la formation à distance, mes enseignements ont été revus en considérant d’abord et avant tout les processus d’apprentissage plutôt que les connaissances à transmettre. Ce changement de paradigme a eu un effet direct et positif sur mon enseignement».

Sources:

Éric Tremblay, «6-to-7-minutes-of-instructional-video: that the sweet spot!», blogue e-Learning Acupuncture, 19 novembre 2013.

Philip Guo, «Optimal video length for student engagement», blogue edX, 29 octobre 2013.

Michelle Fredette, «6 innovative uses of lecture capture», Campus Technology, 20 novembre 2013.

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