Rapport des jeunes à Facebook: transparence et exode?

La journaliste Nathalie Collard de Lapresse.ca attire notre attention sur une étude récente du Berkman Center for Internet & Society et du Pew Research Center’s Internet and American Life Project, intitulée Teens, Socia Media, and Privacy: « les chercheurs ont interviewé 802 parents et leurs enfants âgés de 12 à 17 ans. Ils ont également organisé 24 groupes de discussion dans quatre villes du pays. » (Collard)

Malgré les campagnes encourageant les jeunes à protéger leur vie privée, ceux-ci se révèlent encore davantage à leurs « amis » que lors d’une précédente étude menée en 2006:

  • 91% affichent une photo d’eux-mêmes (contre 79 % en 2006).
  • 71% affichent le nom de leur école (contre 49 % en 2006)
  • 71% affichent le nom de la ville ou du village où ils vivent (contre 61%).
  • 53% affichent leur adresse courriel (contre 29 %).
  • 20% affichent leur numéro de téléphone cellulaire (contre 2 %).

Cette infographique résume les comportements de jeunes interrogés sur les réseaux sociaux.  Ils semblent parfois conscients des risques, mais ne pas toujours choisir de s’en prémunir adéquatement…

Certaines réponses des groupes de discussions – sélectionnées pour leur rapport aux institutions scolaires – illustrent bien le phénomène:

Female (age 14): “I think I wouldn’t [become Facebook friends with my teachers]. Just because I’m such a different person online. I’m more free. And obviously, I care about certain things, but I’m going to post what I want. I wouldn’t necessarily post anything bad that I wouldn’t want them to see, but it would just be different. And I feel like in the classroom, I’m more professional [at] school. I’m not going to scream across the room oh my God, I want to dance! Or stuff like that. So I feel if they saw my Facebook they would think differently of me. And that would probably be kind of uncomfortable. So I probably would not be friends with them.”

Male (age 18): “So honestly, the only time I’ve ever deleted for a picture is because I’m applying for colleges. You know what? Colleges might actually see my pictures and I have pictures like with my fingers up, my middle fingers up. Like me and my friends have pictures, innocent fun. We’re not doing anything bad, but innocent fun. But at the same time, maybe I’m applying for college now. Possibly an admission officer’s like, you know, this kid’s accepted. Let’s see what his everyday life is like. They’re like, um–”

Male (age 18): “Yeah, I have some teachers who have connections that you might want to use in the future, so I feel like you always have an image to uphold. Whether I’m a person that likes to have fun and go crazy and go all out, but I don’t let people see that side of me because maybe it changes the judgment on me. So you post what you want people to think of you, basically.”

Bien que la recherche portait essentiellement sur le rapport des jeunes à la vie privée sur les réseaux sociaux, un des intérêts est d’y constater le déplacement de ces jeunes usagers vers de nouvelles plateformes de réseaux sociaux.

Mais c’est leur rapport à Facebook – on les croyait adeptes à la vie à la mort – qui surprend le plus. En fait, les jeunes sont très critiques et ont plusieurs récriminations à l’endroit du réseau social. Que lui reprochent-ils? On y trouve trop de parents, les échanges y sont souvent agressifs et les gens s’y dévoilent beaucoup trop à leur goût («too much information», disent-ils…). Bref, les jeunes en ont marre et lorgnent du côté des réseaux où ils risquent moins de croiser leurs parents et où le ton est plus léger.

[…]

Où se réfugient-ils? Instagram, le réseau de partage de photos qui, incidemment, appartient à Facebook, est populaire auprès de 11% des adolescents américains. Twitter, jusqu’à tout récemment boudé par les jeunes, séduit aujourd’hui 18% des adolescents aux États-Unis. Ils disent s’y abonner pour suivre les faits et gestes de leurs vedettes préférées. (Collard)

Dans l’étude, on mentionne aussi Snapchat, un réseau en pleine ascension: « Snapchat is catching on with teens because it enables speedy exchanges, many schools haven’t yet blocked it, and, most of all, because photos vanish after a limited amount of time ».

À noter, avant de conclures à l' »exode » comme le font certains journalistes: « À l’heure actuelle, 94% des ados américains actifs sur les réseaux sociaux ont un compte Facebook et les statistiques ne semblent pas indiquer qu’ils souhaitent l’abandonner. Le réseau social fait partie de leur vie comme la ligne téléphonique dure faisait partie de la vie de leurs parents. » (Collard, notre emphase)

Sources:

« What teens said about social media, privacy, and online identity » (Focus Groups Highlights), Pew Internet, 21 mai 2013

Collard, Nathalie, « Pourquoi les jeunes aiment moins Facebook« , Lapresse.ca, 27 mai 2013

Madden, Mary et al., « Teens, Social Media, and Privacy« , Pew Internet, 21 mai 2013

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