Les futurs enseignants du Québec sont-ils technocompétents?

C’est le titre d’un article lu sur le site de l’Infobourg, qui rappelle les résultats d’une analyse présentée l’an dernier par une équipe de l’UQAM, menée par Thierry Karsenti et qui faisait état d’une maîtrise partielle chez les futurs enseignants des compétences informationnelles exigées par le MELS (la « Compétence 8 »).  L’équipe s’est penchée plus particulièrement sur l’analyse des six composantes de la compétence, plutôt que sur l’analyse des quatre niveaux d’atteinte du référentiel de compétences du MEQ tel que proposé par ce dernier en 2001.

Pour les fins de l’étude, 2065 étudiants provenant des différentes universités québécoises ont été sollicités afin de répondre à un questionnaire de 30 questions composé de trois sections:

  1. Renseignements généraux des participants,
  2. Habiletés générales des futurs enseignants avec les TIC, et
  3. Utilisation qui est faite des TIC en enseignement, particulièrement lors des stages.

Une série d’affirmations ont été proposées en lien avec l’évaluation des connaissances des étudiants pour chacune des composantes de la compétence étudiée, soient:

  • Composante 1 – Exercer un esprit critique et nuancé par rapport aux avantages et aux limites véritables des TIC comme soutien à l’enseignement et à l’apprentissage, ainsi qu’aux enjeux pour la société (deux questions portaient sur la distinction entre une bonne et une mauvaise utilisation des TIC);
  • Composante 2 – Évaluer le potentiel didactique des outils informatiques et des réseaux en relation avec le développement des compétences du programme de formation (on a demandé aux participants de fournir des exemples d’outils qui pouvaient exploiter les compétences du programme et de définir ces compétences);
  • Composante 3 – Communiquer à l’aide d’outils multimédias variés (courriel, clavardage, forums de discussion surtout);
  • Composante 4 – Utiliser efficacement les TIC pour rechercher, interpréter, communiquer de l’information et résoudre des problèmes (pour chercher de l’information, pour interpréter et communiquer de l’information et pour résoudre des problèmes);
  • Composante 5 – Utiliser efficacement les TIC pour se constituer des réseaux d’échanges et de formation continue concernant son propre domaine d’enseignement et sa pratique pédagogique;
  • Composante 6 – Aider les élèves à s’approprier les TIC, à les utiliser pour faire des activités d’apprentissage, à évaluer leur utilisation de la technologie et juger de manière critique les données recueillies sur les réseaux.

Des groupes de discussion ont par la suite permis de recueillir de l’information complémentaire.

La synthèse des résultats est présentée sous forme graphique, comme suit:

competence8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la lumière de ces résultats, les auteurs en viennent à la conclusion suivante:

Comme le montre la synthèse graphique (figure 2), quatre des six composantes de la compétence sont maitrisées partiellement: les composantes 2, 4, 5 et 6. Elles sont considérées comme partiellement maitrisées puisque les résultats indiquent que certains volets des composantes ne sont pas ou sont peu exploités par les futurs enseignants. Une composante s’est avérée être encore non maitrisée et reste à développer, la communication à l’aide d’outils multimédias variés (composante 3). En effet, les futurs enseignants se servent uniquement du courrier électronique, et encore, de façon plus ou moins satisfaisante dans leurs tâches professionnelles. Finalement, la composante s’étant avérée la mieux maitrisée est celle portant sur la capacité à exercer un esprit critique et nuancé par rapport aux avantages et aux limites véritables des TIC comme soutien à l’enseignement et à l’apprentissage, ainsi qu’aux enjeux pour la société (composante 1). Plusieurs interventions ciblées ont permis de constater leur opinion sur les limites et les avantages des TIC.

Sur la base des résultats obtenus pour chacune des composantes, nous sommes en mesure de porter une appréciation globale sur la maitrise de la compétence professionnelle à intégrer les TIC. Ainsi, la compétence professionnelle à intégrer les TIC est considérée comme partiellement maitrisée. Des efforts devront être déployés autant chez les étudiants que dans la formation aux TIC dispensée pendant leur baccalauréat.

 

Source: Villeneuve, Karsenti, Raby et Meunier (2012). Les futurs enseignants du Québec sont-ils technocompétents? Une analyse de la compétence professionnelle à intégrer les TIC*.  Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, volume 9, no. 1-2.

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