Les technologies contribuent-elles vraiment à l’apprentissage dans les universités?

Un article paru sur le site du Chronicle of Higher Education présente les grandes lignes d’une étude publiée par la revue Science, Technology and Human Values, où l’on rapporte que des professeurs interviewés utiliseraient davantage les technologies pour soutenir une logistique d’enseignement de plus en plus lourde, plutôt que d’exploiter les possibilités offertes par celles-ci pour enrichir l’enseignement et faciliter l’apprentissage des étudiants dans le contexte de différentes activités pédagogiques:

There is little or no indication that innovative pedagogy motivates technological use in the classroom, which sort of flies in the face of how the use of information-based instructional technologies is usually presented,” said David R. Johnson, a Ph.D. candidate in sociology at the University of Georgia and the study’s author.

Instead, the report suggests, technology is more often used by professors for managerial reasons, such as to help with the demands of growing class sizes. While Mr. Johnson said most college administrators are not yet requiring professors to use instructional technologies, the pressure of teaching more than 300 students at once, for example, leads faculty members to adopt technology in ways unrelated to improving learning.

Selon l’auteur, ce constat met en lumière l’écart entre le potentiel des technologies tel que présenté par les institutions au personnel enseignant et la façon dont ce dernier utilise véritablement les ressources mises à sa disposition:

Mr. Johnson said the findings show a gap between how universities market their use of technology—often framing technology as more sophisticated than prior approaches to instruction—and how the faculty actually uses it. He called this a “ceremonial myth.”

“It’s a symbol that’s emphasized in environment, but not necessarily acted upon by members of the organization,” Mr. Johnson said. “It’s an attempt to communicate legitimacy to parents, students, and prospective employers, but for the faculty who would actually use these tools, it’s not seen as a valuable tool, and it can even be a detriment to student learning.

Il n’y a pas de quoi être surpris de ces résultats si l’emphase est mise d’abord et avant tout sur la mise en forme et la présentation de matériel (présentations Powerpoint, documents déposés sur Moodle, etc.), plutôt que d’encourager l’appropriation d’outils qui peuvent réellement enrichir la prestation et la présence du professeur et renforcer chez ce dernier un sentiment de contrôle sur le processus.

Source: Johnson, David R.. « Technological Change and Professional Control in the Professoriate« .  Science Technology Human Values 2013 38: 126 (initialement publié en ligne en avril 2012).

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Commentaires

  1. jgoulet a écrit:

    Et à côté de ces constatations, celles de l’équipe menée par Magda Fusaro qui montre que les profs sont plus proches de la technologie que les étudiants, qui n’y tiennent pas tant que ça!

    http://www.uqam.ca/entrevues/entrevue.php?id=1199

    Jean Goulet

  2. Nous avions effectivement référé à cette étude dans des articles antérieurs, dont celui-ci:

    http://www.ssfudes.com/veille/leveilleur/13712/integration-des-technologies-en-enseignement-les-professeurs-plus-branches-que-leurs-etudiants/

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