De l’inflation des plans de cours

Jean Goulet, vice-doyen à l’enseignement de la Faculté des sciences, me fournit un sujet en or pour L’éveilleur.  Il me pointe vers un texte d’un blogueur invité sur le site The Irascible Professor.  Dans « The Bloated Syllabus », John Streamas s’en prend à l’allongement des plans de cours universitaires au fil des ans, qu’il attribue principalement à l’ajout de sections techniques et de mises en garde légales à la demande des administrations universitaires.

Plus près de nos préoccupations, Streamas en a notamment contre la section « Objectifs d’apprentissage » (learning outcomes) des plans de cours.  Il y voit une volonté excessive de quantifier le travail des enseignants, en décrivant à la semaine près là où les étudiants devraient en être rendus.  Dans les commentaires suivant le billet, Mark Shapiro, le blogueur principal du site (le prof irascible en personne!), s’exprime très clairement  contre la tangente contractuelle que prennent de plus en plus les plans de cours:

« As time went on the length of the syllabi grew owing to the administrative demands Professor Streamas outlines in his article. Something else much more sinister also began to take place.  Students and administrators began to regard the syllabus as a legal contract.  Both groups became caught up in the notion that a course was a product to be consumed by the student, and the syllabus was the « warranty » that told the student what he or she could expect from the product.  Little mention was made of the reality that teaching and learning is a partnership between teacher and student, and that failure was possible if either party failed to live up to their obligations. » (Shapiro, in Streamas, 2012; mes emphases)

Pour Streamas le plan de cours peut être soit une carte, soit une recette.  Alors que la carte indique le paysage et donne une idée du trajet (qui reste toutefois ouvert), la recette est une suite linéaire d’instructions précises à suivre pour obtenir un produit donné.

   « …In the map-syllabus you can learn from the journey even if you fail quite to reach your goal.  I am not insisting on a trendy difference between product and process but rather on a difference between the quantifiability inherent in destinations (goal orientations) and the surprise possible in journeys (discovery orientations).  The recipe-syllabus is necessarily long, and it satisfies the legalistic agenda of the corporate university.  The map-syllabus is short or long, and it satisfies the amorphous dream of real learning.  Against the goal-driven tug of those compulsory sections, I still aim for the map.  It may not be the ideal syllabus—in my view, and surely in the view of my old history professor, the ideal is no syllabus at all — but it offers our best hope against syllabus bloat. »

Cela me rappelle qu’une publication scientifique évaluée à l’aveugle par les pairs se propose de présenter des plans de cours modèles et de les publier, avec critiques.

Source: Streamas, John (blogueur invité), « The Bloated Syllabus », The Irascible Professor (blogue personnel de Mark Shapiro), 20 janvier 2013.

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