Compte-rendu de l’activité Lendemain de veille: « Amène ta vidéo pédagogique ! »

Le jeudi 22 novembre 2012 s’est tenu l’une des activités déjeuner-discussion du Service de soutien à la formation que nous appelons nos « Lendemains de veille ».  À la suite du dossier vidéo paru dans le Perspectives SSF, la thématique retenue cette fois-ci était celle de la vidéo utilisée en contexte d’apprentissage.

VISIONNEMENT

Des collègues avaient choisi des vidéos d’intérêt qu’ils nous ont tour à tour présentées, en nous expliquant les raisons de leurs choix :

* Andersen, Paul, Proper Group Size for Learning, YouTube, 11 novembre 2012, durée : 5 min 58 (choix de Francheska Gaulin; un bon exemple de production maison accessible à des enseignants, dans un contexte de classe inversée)

*Cantet, Laurent, Entre les murs – Making of (extraits), Wideo et Daily Motion, 2008 [sans date], durée : 30 sec, 56 sec, 43 sec (choix de Daniel Laroche; contexte du film, sensibilisation à l’importance de la scénarisation (coaching des participants) et à la logistique d’installation technique d’une équipe de tournage)

*Hogue, Ron, Top Five-ish Screencasting Tips, YouTube, 22 septembre 2012, durée : 2 min 12 (choix d’Éric Chamberland; trucs pratiques que le présentateur applique lui-même dans sa propre vidéo)

*Jones, Humphrey, auteur du « flip » [auteur original : Science Alberta Foundation, animation : Daniel Gies], What is Nano ?, TED-Ed, déposé sur YouTube le 22 décembre 2010, durée : 3 min 28 (gagnant Webby 2011, choix de Jean-Sébastien Dubé; pose des questions intéressantes de citation, dans la mesure où quiconque peut « flipper » n’importe quelle vidéo trouvée sur YouTube)

*Leclerc Dominic et Isabelle Rivest, La réforme (Le stage de Kassandra, épisode 7, saison 1), TOU.tv, 2 novembre 2011, durée : 2 min 46 (choix de Chantal Lachance; une série webtélé pour apprendre quoi ne pas faire en stage)

*Lefever, Lee, Cloud Computing In Plain EnglishCommonCraft, 2009, durée : 2 min 58 (choix de Marc Couture; voir la dépêche relative au livre de Lefever qu’a lu Marc)

*McCammon, Lodge, FIZZ : Better Than a Front Row Seat, Friday Institute for Educational Innovation, [sans date], durée : 1 min 58 (choix de Daniel Genest; pour le professeur qui s’adresse directement au spectateur et l’interpelle)

*Service de soutien à la formation – Université de Sherbrooke, Caméra HD à carte, YouTube, 8 novembre 2012, durée : 2 min 12 (choix de Benoît Hallée; « produit du terroir » qui montre que le contenant est aussi important que le contenu et que l’on peut consulter sur appareils mobiles)

*Université de Bergen, Et Plagieringseventyr, YouTube, 27 mai 2010, durée : 5 min 13 (choix de Catherine Vallières; voir la dépêche qui en parle)

*Université de Colombie-Britannique [sous-titres français: Université de Sherbrooke], « Conciliation », Scènes de direction de recherche, 1999, durée : 2 min 32 (choix de Sonia Morin; voir la présentation de la trousse DVD)

*Unisciel (Université des sciences en ligne – Lille 1), Une formation à distance utilisant l’Université en ligne, YouTube, 24 octobre 2012, durée : 17 min 07 (choix de Sylvie Hallé)

[Quant à la dernière vidéo (qui a pu être qualifiée de contre-exemple à certains égards), Sylvie souhaite préciser :

  • Points négatifs :
    • Ton monotone du narrateur
    • Saisie d’écrans en mode camtasia peu dynamique, tout au moins au début
    • Besoin d’une grande planification et de temps pour réussir à produire tout ce matériel pour une seule notion de cours qui est l’apprentissage du miroir plan
    • L’écoute d’un seul cours doit nécessiter  aussi beaucoup de temps de la part de l’étudiant. Par ailleurs, on imagine qu’il peut aller cibler certaines parties plus précisément selon ses besoins
  • Points intéressants :
    • Variété de vidéos mis en ligne avec du contenu : capture de cours magistral, expérience de laboratoire, animation d’exercices et corrigés, tests en ligne
    • Approche pédagogique conforme à ce que les scientifiques ont l’habitude d’utiliser
    • Nécessité d’une bonne complémentarité entre l’expertise pédagogique et l’expertise audiovisuel et multimédia
    • Un étudiant est complètement autonome dans son apprentissage et peut récupérer de la matière ou des explications assez facilement en raison de l’étendue du contenu mis en ligne pour une seule notion]

DISCUSSION

Nous avons ensuite tenu une discussion visant à faire émerger des caractéristiques de ces vidéos qui nous frappaient ou nous semblaient favoriser l’apprentissage.  Voici quelques grands points qui en sont ressortis:

  • Le contenant est souvent aussi important que le contenu
    • Certaines de ces vidéos sont léchées d’un point de vue esthétique; le sérieux ne s’oppose pas au beau; une apparence soignée peut montrer la pertinence du sujet.
    • On constate l’importance que prennent les animations; on mentionne qu’elles vieillissent moins vite que les « images réelles ».
    • On rappelle l’importance du rythme cinématographique; sans rythme, le cerveau décroche.
  • Capter et garder l’attention
    • L’attention est un réservoir qui s’épuise; il faut la renouveler.
    • Dans les vidéos qui fonctionnent, les réalisateurs réussissent à « passer à travers l’écran » avec leur contenu; ils viennent chercher le spectateur afin qu’il se sente interpellé, regardé.
    • Plusieurs vidéos sont amusantes; il ne s’agit pas toujours de blagues, parfois les clins d’oeil se situent au niveau de la facture visuelle.  On constate qu’il est parfois difficile pour des universitaires d’admetter qu’il est possible de présenter un contenu sérieux, mais de le traiter avec humour.
    • Dans certains cas (on pense à la vidéo anti-plagiat), on avait un message important à faire passer et on a dû mettre les moyens financiers pour que le message passe.
  • Faire court, c’est long
    • On aime les vidéos courtes, simples, bien jouées.
    • Il faut donc tenir compte de la durée de la vidéo; ce qui oblige à regarder le temps total (incluant les génériques d’ouverture et de fin).
    • Cela revient à rappeler l’importance du travail de pré-production.
    • Cela nous rappelle aussi que…
  • Scénariste, c’est un métier
    • On souligne combien il est important de toujours avoir bien scénarisé sa vidéo; de savoir où l’on va.
    • Par exemple, il faut se demander à qui l’on s’adresse; que ce soit fait sur mesure pour les spectateurs que l’on vise
    • Ainsi, lorsque l’on veut rejoindre les étudiants, on a affaire à une génération qui comprend vite, qui est à l’aise avec l’image.  Pas besoin de répétition : on présente un fait une fois et c’est compris.
    • Des conseillers pédagogiques aimeraient mieux comprendre comment l’on scénarise; pas pour se substituer aux scénaristes, mais pour avoir des outils et mieux comprendre le processus (ex :  on constate que le temps de scénarisation est parfois sous-estimé).
  • Il faut tenir compte du processus
    • D’une part, réaliser avec qui l’on fait affaire…  Par exemple, les professeurs et chargés de cours sont nos experts contenus.
    • Ensuite, on travaille en fonction des talents et des compétences disponibles.
    • Par ailleurs, on doit tenir compte des processus administratifs; faire de la vidéo nécessite d’importantes ressources en temps et en argent, ce qui peut effrayer certains enseignants.
  • La place du conseiller pédagogique : entre l’enseignant et l’équipe de production
    • Lorsque l’on se demande quels outils à offrir aux profs ?  Comment les accompagner dans l’apprivoisement de la vidéo?
    • D’emblée, on rappelle l’importance de l’intention pédagogique: qu’est-ce que l’enseignant veut changer ?  Que veut-il faire apprendre?
    • Le conseiller pédagogique aide souvent le prof à faire des choix de contenus; il se met à la place de celui qui n’est pas un expert; accompagne pour séquencer la matière.  Il appert que les profs ont besoin de soutien pour vulgariser et bien orienter le message vers leur clientèle.
    • Il y a des choix à faire et ils sont parfois déchirants. « Get to the point », dit Ron Hogue dans sa vidéo.
    • Évidemment, l’ampleur de ce travail dépend de la confiance que le prof lui accorde.
  • Complémentarité à trouver entre les secteurs du SSF
    • On constate que l’on a avantage à travailler davantage ensemble et à mieux communiquer.
    • C’est d’ailleurs la complémentarité entre leurs différentes caractéristiques qui fait de bonnes vidéos.
Mythes et espoirs suscités par les MOOC, selon Sir John Daniel
L'art de l'explication simplifiée par Lee Lefever

Commentaires

  1. Eric Chamberland a écrit:

    Bon compte-rendu. Merci!
    Idée : j’aurais mis la discussion en premier et la liste de vidéos en référence après, pour mettre en évidence les conclusions que l’on a pu tirer de l’exercice.
    Je fais une distinction entre les habiletés d’un scénariste de fiction et celles d’un scénariste pédagogique ou didactique. Il y a des habiletés communes, mais le conseiller pédagogique possède en principe un regard qui lui est propre.
    Je pense qu’au-delà de la séquence et des choix de contenus, la forme et le niveau des explications doivent aussi être guidées par des principes pédagogiques.

  2. Jean-Sébastien Dubé a écrit:

    Je viens de découvrir cette magnifique animation du Dalai Lama Centre for Peace and Education, intitulée « Educate the Heart » :

    Que l’on soit d’accord ou non avec l’idée d’intégrer la dimension sociale ou affective à la formation, reste que le véhicule du message m’apparaît d’une redoutable efficacité…

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