University of Phoenix : difficultés… et repli stratégique?

Les dernières semaines ont vu la University of Phoenix (UOPX) appartenant au Appolo Group, soit la plus importante institution privée à but lucratif (for-profit) aux États-Unis, y aller de diverses annonces quant à sa situation difficiles qui laissent présager un repositionnement en ligne et à l’international.

  • Le 12 octobre dernier, UOPX annonçait un gel de ses frais de scolarité pour les étudiants actifs et ceux qui seront admis à l’avenir.  Inside Higher Education évalue ces frais à 420 $ US/ crédit, pour certains programmes de baccalauréat.  La plupart des étudiants sont des femmes en situation d’emploi.
  • Le 17 octobre dernier, UOPX annonçait la fermeture de 25 campus et de 90 de ses centres d’apprentissages satellites (il lui reste encore 112 succursales aux États-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pays-Bas), ainsi que l’élimination de 800 postes (non-académiques), soit environ 5 % du personnel.
  • Du même coup, on confirmait une baisse des inscriptions de 14 % dans le dernier quart de 2012, qui s’ajoute à la baisse de 19 % de l’effectif pour l’année fiscale 2011 (d’après le Chronicle of Higher Education).  Selon Wikipedia, l’UOPX atteignait un sommet de recrutement en 2010, avec 600 000 inscrits.
Les étudiants attachés aux établissements fermés (4 % de l’effectif) recevront dorénavant l’ensemble de leur formation en ligne ou de manière hybride.  Voilà qui laisse penser que les prochains efforts de développement de l’UOPX se feront surtout en ligne.  Influence des MOOC ?

Mr. [Mark J.] Brenner [vice-président senior aux communications corporatives et affaires externes] said Apollo was investing $1-billion in a new online-learning management system, and spending millions more on a portal that will connect some 2,000 businesses to the university to provide job and skills training. The latter will also serve as a place for students to connect with potential employers, Mr. Brenner said.

In addition, Apollo is putting more emphasis on expanding its international operations in order to escape regulatory burdens in the United States, Mr. [Kevin] Kinser [professeur-adjoint d’administration éducative et d’études des politiques à la State University de New York à Albany] said. In its fourth-quarter report, the company noted that it had purchased an investment group’s $43-million share in the Apollo Global venture.

Faut-il rappeler que la UOPX a été sanctionnée à plusieurs reprises depuis 2000 pour des pratiques de recrutement frauduleuses – les recruteurs recevaient des bonis selon le nombre d’étudiants qu’ils attiraient – et souvent critiquée dans les milieux universitaires pour offrir des cours de faible qualité?  Le marché étranger, moins réglementé, devient alléchant.

Si certains observateurs estiment que l’UOPX a compris qu’elle devait renforcer son curriculum et ses exigences d’admission pour continuer son développement, d’autres croient que la conjecture économique américaine difficile, d’abord favorable à l’institution, est en train de la rattraper : « While students flocked to for-profit colleges at the beginning of the economic downturn, they are reluctant to spend more money on their education until they are more certain that there will be jobs waiting for them ».

Sources :

« University of Phoenix », Wikipedia [mise à jour le 20 octobre 2012]

Fain, Paul, « University of Phoenix Freezes Tuition », Inside Higher Ed, 12 octobre 2012

Fain, Paul, « University of Phoenix Closing 115 Locations», Inside Higher Ed, 17 octobre 2012

Kelderman, Eric, « Enrollment Slide and Cost Cutting May Signal Strategy Shift at U. of Phoenix », Chronicle of Higher Education, 18 octobre 2012 [accès restreint aux abonnés]

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