Nouvelles approches pédagogiques et technologique pour une didactique de la musique plus en harmonie

Par tradition, l’enseignement de la musique a été transmis par un maître expert dans son instrument à des élèves qui apprennent souvent davantage par imitation. C’est l’orientation des conservatoires à l’européenne. L’accent est souvent mis sur la performance, alors que dans les faits, 90 à 95 % des étudiants en musique vont plutôt enseigner par la suite.

Voici que l’approche pédagogique est revue. On veut maintenant se rapprocher du renouveau pédagogique que d’autres matières ont déjà amorcé où l’élève participe plus activement à son apprentissage. C’est le tournant que s’est notamment donné la Faculté de musique de l’Université Laval comme rapporté dans l’article de Pascale Guéricolas dans le magazine Contact de l’automne 2012 (vol. 27, no 1, p. 21-23).

« Selon cette méthode, le pédagogue ne donne pas d’indications à l’élève sur la façon d’améliorer le morceau qu’il vient de jouer. Il le questionne : « Qu’entendais-tu quand tu as exécuté ce passage? Que peux-tu dire sur ton tempo, ta sonorité? » En agissant ainsi, il l’aide à s’approprier son apprentissage et à développer sa créativité. En l’encourageant à improviser et à composer de petits morceaux, il l’associe aussi davantage à la leçon. Et surtout, il pose des questions fondamentales : quels objectifs la personne veut-elle atteindre en pratiquant cet instrument, et quels moyens met-elle en œuvre pour y parvenir? »

La professeure en didactique à la Faculté de musique, Valerie Peters, vient d’obtenir des fonds du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada pour un projet de recherche de cinq ans associant psychologues, philosophes et musicologues. On veut comprendre le lien entre la musique entendue tous les jours et l’apprentissage, ainsi que son rôle dans le développement de la compétence émotionnelle. Les chercheurs essaieront de cerner quel type de pédagogie motive les enfants qui apprennent un instrument, comment ils voient l’importance des technologies de l’information et si leur perception de l’apprentissage de la musique diffère ou non de celle de jeunes Brésiliens, Israéliens ou Américains. On souhaite ainsi en venir à la conception d’une pédagogique multidisciplinaire qui aiderait à l’enseignement des connaissances musicales.

En matière de technologies, Josiane Bissonnette, doctorante avec la professeure Valerie Peters, a conçu un logiciel destiné à rassurer les interprètes grâce à la collaboration du Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture de l’Université Laval. Par le truchement d’écrans, des images sont projetées montrant au musicien une bonne représentation d’une salle de concert, bruissement de papier de bonbon, toussement et déplacement de personnes inclus. Il a été prouvé qu’une préparation à un concert d’importance par le truchement de cette application aide à baisser le niveau de stress de l’interprète.

Enfin, Ariane Nantel, doctorante en éducation musicale, a pour sa part développer une approche pédagogique pour les personnes retraitées qui souhaitent apprendre ou reprendre la pratique d’un instrument, qui ont du temps pour le faire et surtout de la motivation.

Toutes ces réflexions sur une approche innovatrice pour aborder l’apprentissage de la musique pourraient stimuler d’autres facultés ou écoles de musique à emboîter le pas. Cela permettrait de former une nouvelle génération de professeurs de musique qui, à leur tour, sauront stimuler la découverte de cet art, tout en poussant plus loin les acquis de ce renouveau pédagogique par la suite.

Source : GUÉRICOLAS, Pascale. « En avant, la musique! », Contact, magazine de l’Université Laval, automne 2012, vol. 27, no 1, p. 21-23.

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