L’éducation comtemplative pour favoriser l’attention des étudiants

Dans le plus récent Affaires universitaires, un point de vue audacieux de la professeure Janna Rosales de l’Université Memorial.  Elle prône l’intégration de « pratiques contemplatives » à l’enseignement (exercices de respiration, méditation assise, marche, imposition de moments de silence au début des cours, exécution de brèves lectures de poésie zen, exercices d’écriture libre, rédaction dans un journal de ses réflexions en lien avec la matière) afin de favoriser la « pleine conscience » des étudiants vis-à-vis leurs apprentissages.  Ésotérique ?  En tous les cas, notre mode de vie lui fournit de bons arguments sur l’importance de se recentrer pour permettre l’acquisition du savoir :

« À l’heure où le multitâche devient la norme et où les sources de distraction sont omniprésentes, comment susciter et maintenir l’attention de nos étudiants? L’attention et la conscience sont des capacités fondamentales de l’homme, essentielles à pratiquement toute activité humaine. On consacre pourtant peu de temps, d’efforts et de soins à cultiver la concentration au sein des milieux éducatifs. »

Par ailleurs,

« Pour remédier au déficit de l’attention caractéristique de l’ère numérique, les enseignants adeptes de l’éducation contemplative guident leurs étudiants vers des exercices de rédaction de courriels dite « consciente », qui les poussent à prendre conscience de leur humeur, de leur respiration et de leur état physique lorsqu’ils ont recours à des moyens technologiques pour communiquer. »

D’après elle, « 40 années de recherche empirique » démontrerait les avantages de telles pratiques en éducation.  Elles aideraient les étudiants à se concentrer, traiter l’information, lutter contre l’anxiété et le stress, focaliser sur la tâche à accomplir, réguler leurs émotions négatives, cultiver l’empathie et la compassion, etc.  C’est pour cela qu’elle a fondé à l’Université Memorial un groupe d’enseignants et de membres du personnel qui s’intéressent à ces pratiques en formation.  Par ailleurs, elle mentionne des organisations américaines qui encouragent le développement de telles pratiques : le Center for Contemplative Mind in Society et l’Association for Contemplative Mind in Higher Education.

Enfin, elle estime que ces pratiques permettent de développer les coeurs autant que les esprits, alors que l’on encourage les étudiants à cultiver leur vie intérieure.

« À l’heure où un nombre croissant d’universités adoptent des modes d’enseignement et d’apprentissage axées sur l’engagement communautaire, la formation de citoyens du monde et la responsabilité sociale […,] [j]e tente de faciliter les expériences stimulantes aptes à engendrer un apprentissage authentique et à aider les étudiants à exploiter leur plein potentiel. »

Source :

Rosales, Janna, « Cultiver les esprits et les coeurs », Affaires universitaires, août 2012.

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