Une vie universitaire sans inconnu grâce à vos données scolaires

Nous avons déjà signalé ici que les learning analytics pouvaient être utilisées pour suggérer à des étudiants de se réorienter ou de choisir des cours à partir d’analyse statistiques de leur « comportement académique », un peu de la façon dont Amazon ou Netflix proposent des livres ou des films. « College Degrees Designed by Numbers », un nouvel article de Marc Parry du Chronicle of Higher Education, explore davantage cette avenue.

…[S]ome students show up with ambitions that bear no relation to their skills. Or parents push them into majors that don’t interest them. Or they feel like shoppers in a cereal aisle, confounded by the choices.

At Arizona State [University], which has more than 250 majors, the old system let students explore without much structure. A student could major in engineering to please his parents, only to pack his schedule with « Chinese Thought » and music, says Elizabeth D. Capaldi, the provost. No longer. Technology has redrawn the road map.

Dans cette institution, un étudiant peut s’inscrire à un programme exploratoire plus généraliste, mais doit y performer sinon… « …If they fail to sign up for a key course or do well enough, the computer cracks a whip, marking them « off-track. » A student who wanders off-track for two semesters in a row may have to change majors. »  L’objectif d’une telle réorientation est de favoriser la réussite des étudiants… ou de meilleurs taux de diplomation alors que les parents et les gouvernements exigent des universités de meilleurs « rendements » compte tenu des coûts.  On donne l’exemple des étudiants qui choisissent la psychologie pour le côté humain, mais sont incapables de réussir en statistiques, matière pourtant essentielle.

Some people express concerns about deferring such important decisions to algorithms, which have already come to dictate—and limit—so much of what we see and do online. Mr. [Michael] Zimmer, [a] Milwaukee information-studies professor, sees the value in preventing students from going down paths that may frustrate them or even cause them to quit college. But as higher education gets more efficient, he fears the loss of the unanticipated discovery.

« It’s the same as if you’re worried about whether or not Google or Amazon are going to present you with alternative topics, or only the topics that fit your history, » he says. « We hope the role of a university is to make sure people are exposed to diverse things and challenged. »

Cette idée de l’université comme un espace d’exploration de ses aspirations profondes et de ses talents est-elle périmée ?  Les défenseurs de tels logiciels arguent que devant un trop grand nombre de choix, les étudiants ne prennent pas toujours les meilleures décisions :  « …They know they must take a social-science class, but they don’t know the implications of taking political science versus psychology versus economics. They choose on the basis of course descriptions or to avoid having to wake up for an 8 a.m. class on Monday… »

L’article évoque aussi les analytiques qui permettent de personnaliser les travaux à faire et les connaissances à approfondir en fonction de la compréhension de chaque étudiant.  Il n’y a plus d’intérêt à enseigner la même chose à tout le monde quand il est possible de savoir où chaque étudiant en est individuellement.  On examine même la possibilité de collecter de l’information dans les réseaux sociaux des étudiants puisqu’une vie sociale riche est un facteur de réussite…  Un étudiant asocial pourrait donc se voir recommander des activités para-scolaires par le système, un peu à la manière du jeu Hivemind. Heureusement, des questions sont commencent à se poser :

As more of this technology comes online, it raises new tensions. What role does a professor play when an algorithm recommends the next lesson? If colleges can predict failure, should they steer students away from challenges? When paths are so tailored, do campuses cease to be places of exploration?

Source : Parry, Marc, « College Degrees Designed by Numbers », The Chronicle of Higher Education, 18 juillet 2012.

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