Pédagogique Technologique

La différence entre un ENA (ex. Moodle) et un EAP

Le professeur d’éducation Patrick Giroux, de l’UQAC, bien connu pour ses publications sur l’utilisation des TIC en enseignement, publie aujourd’hui même sur son blogue un bref commentaire sur une vidéo du pédagogue Stephen Downes, chercheur senior au CNRC, au sujet des EAP (environnement d’apprentissage personnel).

La vidéo d’une durée de 9 minutes, intégrée directement au billet de Patrick Giroux, consiste en une explication de la différence entre, d’une part, les environnement numériques d’apprentissage (ENA; en anglais « LMS » pour learning management systems), tels que Moodle, et d’autre part, les environnements d’apprentissage personnels, qui sont eux aussi numériques, mais auto-gérés par les apprenants (voyez aussi l’article de notre bulletin Perspectives SSF à ce sujet pour en savoir plus). Downes aborde la question sous divers angles (sans nécessairement tous les couvrir). Il prône les EAP sans écarter complètement les ENA, même s’il explique plusieurs limites qu’ont ces derniers.

Dans son commentaire, Patrick Giroux adopte implicitement un point de vue avec lequel je suis en désaccord, soit celui d’opposer les ENA et les EAP comme deux systèmes entre lesquels il faut choisir.  Il présente l’EAP comme seul choix compatible avec une approche centrée sur l’apprenant. Or, les ENA et les EAP sont à mon avis des outils complémentaires qui ont chacun leur place et que l’on peut combiner dans une approche centrée sur l’apprenant.

Premièrement, comme Patrick Giroux le dit lui-même, l’apprenant s’approprie progressivement son apprentissage et l’enseignant lui cède de plus en plus de contrôle au fur et à mesure de cette progression. Il y a donc certainement une place pour les deux types de plateformes en fonction du degré de contrôle exercé par l’apprenant au point où il en est dans sa progression.

Deuxièmement, la position défendue par Patrick Giroux implique que l’apprenant n’a pas de contrôle sur ses apprentissages dans un ENA, ce qui est faux. On peut très bien utiliser un ENA d’une façon qui laisse beaucoup de contrôle à l’apprenant. Tout est une question de choix technopédagogiques dans la façon d’exploiter les différentes fonctions d’un bon ENA.

Troisièmement, il dit que la recherche en éducation est claire à l’effet qu’il faut donner le contrôle à l’apprenant. Je suis d’accord, mais je me permet d’insister sur l’importance de tenir compte du niveau d’expertise de l’apprenant pour déterminer le niveau de contrôle qu’il est bon de lui faire exercer. Je ne crois pas que nous soyons en désaccord sur cet aspect, mais nous insistons sur une partie différente de la proposition : j’insiste sur le respect du niveau d’expertise, et je perçois (peut-être à tort…) que Patrick Giroux insiste sur la cession du contrôle à l’apprenant.

En somme, je suis d’accord avec lui que nous devons utiliser des outils technologiques pour mettre en oeuvre une pédagogie centrée sur l’apprenant, qui accorde notamment un contrôle plus grand à celui-ci sur ses apprentissages à mesure qu’il progresse. Je suis aussi d’accord que les EAP sont une façon d’y arriver. Mais je suis en désaccord avec l’idée que les ENA excluent de telles approches.

Source :  Giroux, Patrick, « LMS vs. EAP », PédagoTIC, 11 juillet 2012.

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Éric Chamberland

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