Apport à la FAD d’un dispositif d’encadrement par visioconférence

La Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire nous présente : «De la présence dans la distance par visioconférences web», une recherche menée par Bruno Poellhuber (Université de Montréal), Nicole Racette (TÉLUQ), Annie Ferland (Université de Montréal) et Mourard Chirchi (Cégep@distance), qui a aussi fait l’objet d’une séance parallèle lors 32e colloque annuel de la SAPES.  Préoccupés par un taux d’abandon et un isolement plus grand chez les apprenants en formation à distance, les chercheurs ont voulus vérifier les effets sur la motivation, la persévérance et la satisfaction des étudiants, d’ajouter aux cours réguliers des séances d’encadrement collectif de type «un à plusieurs» par visioconférence web.

Le projet  s’est déroulé dans trois établissements d’enseignement post-secondaire qui forment à distance, soit le Cégep@distance, la Faculté d’éducation permanente (FEP) de l’Université de Montréal et la Téluq, suivant une méthodologie de type «design based experiment», une méthode exploratoire et qualitative qui, grâce à la collecte de données quantitatives (questionnaires) et qualitatives (entrevues), permet d’améliorer graduellement une intervention dans le but d’obtenir les effets souhaités. La recherche visait à décrire les usages que font les étudiants de la visioconférence web et à en explorer les effets sur la présence transactionnelle, c’est à dire le degré auquel un étudiant en FAD perçoit la disponibilité et la relation qu’il a avec l’enseignant, le tuteur et ses pairs.

Les données recueillies révèlent que le taux de participation aux activités de visioconférence augmente d’une itération à l’autre et de manière remarquable dans le modèle de cours autorythmé de la Téluq, où la visioconférence serait vécue «…comme un vecteur de communication avec le tuteur qui aide les étudiants dans leurs apprentissages et qui  a un effet positif sur le relation, et par extension, sur la perception de présence transactionnelle». Alors que cette dimension relationnelle prime à la Téluq (où les étudiants ont peu de chances de rencontrer leurs tuteurs), c’est plutôt la dimension cognitive (aide, explications) qui ressort davantage à la FEP.  Il n’y a pas de telle observation possible au Cégep@Distance.

Les chercheurs constatent également l’existence d’un lien entre le niveau d’évolution positive dans l’utilisation des environnements de visioconférence web et les conditions institutionnelles, pédagogiques et technologiques qui règnent dans les différents établissements participant.  Ainsi, il est possible que les tuteurs aient favorisé une dimension au profit d’une autre.

Cette recherche se poursuit avec un second questionnaire à la Téluq et à la FEP.  On espère notamment pouvoir recueillir des données sur la persévérance, finalité de l’étude.

Sources :

B. Poellhuber, N. Racette, A. Ferland et Mourard Chirchi, «De la présence dans la distance par visioconférences web», Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire R, Volume 9, 2012.

Programmation des séances en parallèle, 32e congrès de la SAPES, 21 juin 2012.

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