La « flipped classroom »: une approche qui mène plus loin

Jonathan Bergman a publié sur son blogue «The Flipped Class as a Transition to Deep 21st Century Learning», un article à travers lequel on peut suivre ses réflexions sur l’approche  «flipped classroom», qu’il a lui-même contribué à développer et à faire connaître.  Cette approche l’a amené à se pencher davantage sur les autres méthodes pédagogiques actives ainsi que sur leurs finalités.

Après 6 ans d’expérimentation et d’observation, Bergman est aujourd’hui en mesure de nommer les étapes de mise en oeuvre de l’approche flipped classroom et d’en préciser les conditions de réussite, ainsi que de formuler les principaux objectifs. Son récent livre Flip your classroom fait état des résultats de toute cette démarche.

Selon lui, la «flipped classroom» comporte trois étapes (de durée variable selon les acteurs):

  1. l’enseignant transfère une première leçon magistrale (ou une partie de son cours) en vidéo et la trouve réussie;
  2. l’enseignant transfère l’ensemble des contenus magistraux de son cours en vidéo;
  3. l’enseignant réalise, une fois les contenus rendus disponibles en d’autres temps et lieux que la classe, qu’il peut désormais se concentrer non pas sur ce que les étudiants doivent savoir, mais bien plutôt sur comment ils l’apprennent.

Selon Bergman, c’est lors de cette troisième étape qu’on peut voir si l’approche est arrivée à maturité et si elle porte fruits :

  • Le rôle du professeur s’est-il progressivement transformé d’enseignant tout-puissant en guide?
  • Les élèves, dont le rôle était passif, sont-ils maintenant des acteurs responsables de leur apprentissage?

Si la réponse est oui à ces deux questions, Bergman conclut que l’approche a atteint son objectif : permettre le passage d’un mode d’enseignement de type «industriel» à une pédagogie plus active offrant la possibilité aux apprenants de réaliser des apprentissages en profondeur. D’où  l’idée que la « flipped classroom» est une approche transitoire, qui ne doit pas être appliquée pour elle-même, mais bien plutôt mise en place pour les résultats qu’elle permet d’atteindre auprès des étudiants.

Ce qui me frappe ici, c’est le chemin parcouru par le professeur Bergman. Au terme de plusieurs années d’expérimentation, il parvient…

  • à observer ses pratiques d’enseignement et à porter sur celles-ci un regard critique en termes d’impacts sur l’apprentissage de ses étudiants,
  • à chercher à travers des savoirs pédagogiques des réponses à ses questionnements sur l’apprentissage,
  • à développer de nouvelles compétences pédagogiques, à enrichir et documenter les pratiques existantes.
  • Bref, à entrer de plein pied dans le processus du «scholarship of teaching and learning» (référence aux billets de Sonia Morin).

De fait, le professeur Bergman représente un bel exemple de ce qu’est un praticien chercheur (voir l’article L’enseignement : y penser… un peu, beaucoup, passionnément?, entrevue avec Denis Bédard sur le Scholarship of Teaching and Learning, Perspectives SSF, septembre 2011).

Sources:

Jonathan Bergman, «The Flipped Class as a Transition to Deep 21st Century Learning», blogue Flipped Learning, 10 mai 2012.

Aaron Sams et Jonathan Bergman, «Flip your classroom», International Society for Technology in Education, juin 2012.

Sonia Morin, «Le scholarship of learning and teaching: de quoi parle-t-on?»; «La pédagogie de l’enseignement comme objet d’étude et de recherche au Canada: un lent processus», L’Éveilleur, 1er juin 2011.

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