Rendre l’apprentissage ardu pour le favoriser? Ça peut marcher.

Dans un article intitulé « The Benefits of Making It Harder to Learn », James M. Lang de The Chronicle of Higher Education présente le concept de cognitive disfluency, ou « disfluence cognitive ». En bref, il est parfois bénéfique de rendre l’apprentissage plus ardu, car cela peut forcer les étudiants à s’engager plus en profondeur dans la matière pour bien la comprendre.

L’expérience rapportée au début de l’article est de choisir une police et un style de caractère dont la lisibilité combinée est faible, et ce pour rendre un texte plus difficile à lire. Des évaluations contrôlées démontrent que les étudiants qui lisent le même texte dans une police plus lisible obtiennent de moins bons résultats aux évaluations ultérieures. Pourquoi? En rendant la lecture plus difficile, on force l’étudiant à porter plus attention à ce qu’il lit.

L’article présente ensuite d’autres façons d’introduire une difficulté supplémentaire, qui abordent la difficulté sous l’angle de tâches qui forcent un traitement plus en profondeur . Voici les exemples :

  • Ask students to process or translate course material using unusual rhetorical or expressive modes. […]
  • Require students to argue on behalf of unfamiliar positions. […].
  • Ask students to find or identify mistakes. A professor of architecture noted that he occasionally makes mistakes while doing calculations on the board, and that his students had learned to watch out for those errors and correct him. A math professor then pointed out that he would sometimes deliberately seed mistakes into assigned problems and ask students to find them. In both cases students were nudged out of the mode of simply observing or running through the problems on automatic pilot. […].
  • Plan for failure. A faculty member in chemistry said you can wake students up by asking them to undertake short experiments that are designed to fail. Rather than simply going through the motions of a lab, and finding the expected result planned for them by the teacher, students learn what every experienced researcher in the world knows: that experiments, like scholarly research of any kind, almost never proceed exactly as you planned them, and that you can learn a lot from your failures.

On peut lire quelques critiques ou mises en garde dans les commentaires qui suivent l’article.

On suggère notamment que le dosage de la difficulté ajoutée doit être judicieux pour ne pas obtenir l’effet inverse, soit un désengagement des étudiants face à du matériel rendu trop difficile.

On exprime aussi l’idée que le professeur qui veut faire appel à une telle technique a une responsabilité de mettre les étudiants dans le coup, soit avant l’activité rendue plus difficile (par exemple en leur disant de surveiller les erreurs volontaires, ou en leur expliquant que la difficulté suppémentaire vise à améliorer leur apprentissage et qu’ils en seront bénéficiaires), soit après l’activité (par exemple en leur expliquant que l’expérience ratée était conçue pour échouer et que leur travail est maintenant de comprendre pourquoi et comment).

Source :

Lang, James M. (2012) « The Benefits of Making it Harder to Learn » The Chronicle of HIgher Education. Téléaccessible à l’adresse http://chronicle.com/article/The-Benefits-of-Making-It/132056/

 

Interne : L'évaluation par les pairs à Concordia (dans Moodle)
Interne : Programmes internationaux (bidiplômants, conjoints, cotutelles): expériences canadiennes et pratiques exemplaires

Exprimez-vous !

*