De la baladodiffusion pour se former à SPSS : l’enseignement magistral remis en question

Une expérience rapportée sur le blogue Thoughts about Higher Education relate la transformation des modalités de formation au logiciel de traitement statistique SPSS à la Bangor University. Traditionnellement, ce cours reposait sur la réalisation de travaux individuels doublés de séances de laboratoire permettant des explications de l’enseignant et du soutien de la part d’assistants présents sur place. Les responsables ont graduellement migré vers une série de courtes capsules constituées de captures d’écran et de commentaires audio d’environ 5 minutes chacune et ont constaté, à leur grande surprise, une baisse drastique du besoin des étudiants de fréquenter les laboratoires pour arriver à réaliser leurs travaux. Parmi les avantages que représente cette nouvelle formule, ils soulignent les économies réalisées vu le grand nombre d’étudiants (environ 300) que devaient accueillir les laboratoires chaque année, de même que le maintien de l’accessibilité à ces capsules tout au long de leur parcours académique.

À ce compte-rendu d’expérience s’ajoutent les propos de deux commentateurs qui, dans des billets parus au même moment, ont abordé la question de la prépondérance de la formule magistrale en enseignement supérieur. Dans Inside Higher Ed, Anamaria Dutceac Segesten met en lumière les limites de l’enseignement magistral, mais souligne la force de la résistance au changement ainsi que les économies (temps, argent, ressources) que peut représenter le cours magistral pour expliquer le maintien de cette formule. De son côté, Josh Dehaas relève dans Macleans on Campus une tendance croissante observée dans les universités canadiennes à migrer des cours magistraux vers une formule hybride, où l’exposé prend la forme de diaporamas commentés par les enseignants. Les exemples qu’il présente soulignent les retombées bénéfiques de ces micro-cours accessibles sur Internet, en tout temps et en tout lieu. Les responsables reconnaissent l’intérêt de dédier le précieux temps de classe ainsi dégagé à des activités de formation ou d’approfondissement qui seraient autrement impensables dans un contexte de grands groupes d’étudiants. Pour de grandes universités canadiennes où la taille des groupes pouvait constituer jusqu’ici un frein à l’implantation de méthodes pédagogiques plus actives, il n’est pas surprenant de constater que pour une telle clientèle, le recours à la baladodiffusion semble particulièrement attrayant… et que les initiatives en ce sens risquent fort de se multiplier.

Sources:

« Teaching with Podcasts – A Great Success Story« , Thoughts about Higher Education, 11 avril 2012.

Anamaria Dutceac Segesten, « The Death of the Lecture« , Inside Higher Ed, 12 avril 2012.

Josh Dehaas. « Where did the prof go? The debate over whether to put more lectures online« , Macleans On Campus, 20 avril 2012.

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Commentaires

  1. J’ai participé il y a un moment déjà à l’élaboration d’un site d’auto-formation au logiciel SPSS, hébergé sur le service Pages de l’UdeS: http://pages.usherbrooke.ca/spss (autre version pour la version 15 du logiciel: et http://pages.usherbrooke.ca/spss15), qui agençait texte et captures d’écrans, plutôt que des capsules vidéo vu les ressources restreintes disponibles pour la production. Le responsable du projet, le professeur Eric Yergeau de la Faculté d’éducation, me disait que le site avait comme objectif de rendre les étudiants davantage autonomes et s’est avéré un franc succès. Ce serait peut-être une bonne idée de le mettre au parfum de nouveaux développements.

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