Davantage de pouvoir aux chargés de cours, moins d’exemptions d’enseignement

Deux articles d’opinion en lien avec l’enseignement dans le plus récent numéro d’Affaires universitaires.  D’une part, Kane Faucher signe « Les enseignants contractuels doivent revendiquer la représentation » où à la suite de son expérience personnelle il tente de convaincre ses collègues chargés de cours d’obtenir davantage de pouvoir au sein des structures départementales  (« Les enseignants contractuels ne jouissant d’aucune sécurité d’emploi, qu’ont-ils à perdre à tenter d’améliorer leurs conditions de travail? »)

Admettant qu’il s’agit d’un tout de même de revendications risquées, il considère néanmoins que « si l’université compte sur les enseignants contractuels pour donner une part importante, sinon la majorité des cours d’un programme d’études, ces enseignants doivent jouer un rôle significatif dans les processus de prise de décisions relatives au programme. » [emphase dans le texte original].

D’autre part, le professeur Craig Monk y va d’un point de vue moins usité à l’effet que « L’allègement des charges de cours érode la mission d’enseignement« .  Pour lui, « la recherche, souvent perçue comme étant l’antithèse de l’enseignement, […] est en fait devenue son complément idéal ».  [Fait-on ici allusion au Inquiry-Based ou au Research-Based Learning?]

« …Je comprends que certains programmes de recherche ne peuvent bénéficier de l’appui d’étudiants au premier cycle, mais j’ai également été témoin de partenariats remarquables entre des chercheurs de calibre mondial et des étudiants débutants. Les professeurs qui n’ont pas de programme en laboratoire ont appris à appliquer plus assidûment leurs résultats de recherche en classe, et nous devrions tenter de rendre les cours plus stimulants, tant pour ceux qui les donnent que pour ceux les suivent. »

Monk s’insurge plutôt contre les nombreuses exemptions de charge d’enseignement que ses collègues peuvent obtenir (titulaires d’une bourse de recherche externe, chefs de département, participations aux délibérations visant les titularisations et les promotions, coordination des admissions aux cycles supérieurs, collaboration avec le centre d’enseignement, tâches d’administrateur de haut rang, etc.).  « À mon avis, le problème vient du fait que ces ententes prolifèrent sans que personne ne remette en question leur efficacité ou les méthodes qui déterminent l’admissibilité à l’exemption », écrit-il.  Il rappelle que le volet « service » représente un cinquième de la tâche professorale, soit 7 ou 8 heures par semaine.

Toutefois, sa conviction qu' »[i]l est possible d’offrir un bon enseignement, peu importe le temps qui nous est imparti » m’interpelle.

Ces réflexions devraient-elles être mises en relation avec le récent débat aux États-Unis relativement à la productivité des formateurs universitaires?

Sources :

Faucher, Kane, « Les enseignants contractuels doivent revendiquer la représentation; Pourquoi les chargés de cours devraient avoir leur mot à dire en matière de gouvernance de leur département. », Affaires universitaires, 2 avril 2012.

Monk, Craig, « L’allègement des charges de cours érode la mission d’enseignement; Comment puis-je obtenir une exemption ? », Affaires universitaires, 2 avril 2012.

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