Identifier ses erreurs : réflexivité et professionnalisation

Dans un article sur ce qui distingue les génies des gens simplement compétents et des cancres, le journaliste Malcolm Gladwell cite le sociologue Charles Bosk sur la question de jeter un regard critique sur sa propre pratique professionnelle. Bosk, après avoir fait des entrevues avec de jeunes médecins qui avaient été renvoyés ou qui avaient démissionné d’une résidence en neurochirurgie, a identifié une caractéristique commune. Ces apprentis ne savaient pas identifier leurs erreurs. À l’opposé, les bons apprentis savaient identifier leurs erreurs, repensaient à ce qu’ils avaient fait et se demandaient comment ils auraient pu faire mieux.

Voilà une autre confirmation du bien-fondé des pratiques réflexives prônées dans les parcours de professionnalisation. En amenant les étudiants à porter un regard critique sur leur propre pratique et en les guidant dans cette réflexion, on favorise leur développement professionnel. Citation ci-dessous :

Charles Bosk, a sociologist at the University of Pennsylvania, once conducted a set of interviews with young doctors who had either resigned or been fired from neurosurgery-training programs, in an effort to figure out what separated the unsuccessful surgeons from their successful counterparts.

He concluded that, far more than technical skills or intelligence, what was necessary for success was the sort of attitude that Quest has — a practical-minded obsession with the possibility and the consequences of failure. « When I interviewed the surgeons who were fired, I used to leave the interview shaking, » Bosk said. « I would hear these horrible stories about what they did wrong, but the thing was that they didn’t know that what they did was wrong. In my interviewing, I began to develop what I thought was an indicator of whether someone was going to be a good surgeon or not. It was a couple of simple questions: Have you ever made a mistake? And, if so, what was your worst mistake? The people who said, ‘Gee, I haven’t really had one,’ or, ‘I’ve had a couple of bad outcomes but they were due to things outside my control’ — invariably those were the worst candidates. And the residents who said, ‘I make mistakes all the time. There was this horrible thing that happened just yesterday and here’s what it was.’ They were the best. They had the ability to rethink everything that they’d done and imagine how they might have done it differently. »

Via Jeff Atwood

MÀJ : corrections fautes de frappe, précision du titre et remplacement de « reconnaître leurs erreurs » par « identifier leurs erreurs », pour éviter la confusion entre ne pas avouer ses erreurs (pas ce que je voulais dire) par rapport à ne pas être conscient d’en avoir fait (ce que je voulais vraiment dire). -EC

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Commentaires

  1. On voit que la notion de locus de contrôle interne VS externe joue un rôle important ici…

    Merci pour la référence!

  2. Rachel Hébert a écrit:

    Je trouve ce résultat de recherche tout à fait fascinant!

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